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 Des glandes

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Meleagre
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Duché/Comté : Normandie

MessageSujet: Des glandes   Mar 22 Jan - 14:14

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I

Voici ce qui en est touchant la constitution entière des glandes. Elles sont de nature spongieuse, lâches et grasses ; ce ne sont ni des chairs semblables au reste du corps ni rien autre qui ressemble au corps. Mais elles sont de peu de consistance et ont des veines nombreuses. Si vous les incisez, l'écoulement de sang est abondant. D'apparence blanche et comme du phlegme, elles sont, au toucher, comme de la laine ; si vous les malaxez avec les doigts en employant beaucoup de force, la glande rend un liquide huileux, et elle même se broyé et se dissout.


II

Elles ont peu de maladies, et, quand elles en ont, c'est par l'affection du reste du corps ou idiopathiquement ; elles participent peu aux souffrances du corps. Leurs maladies sont des abcès ; des scrofules font éruption ; et la fièvre s'empare du corps ; elles sont prises de la sorte quand elles sont emplies par l'humidité du reste du corps qui afflue en elles. Cet afflux arrive du reste du corps par les veines qui, nombreuses et creuses, les traversent, de sorte que le liquide qu'elles attirent fait facilement son chemin dans leur intérieur. Si le flux est abondant et morbide, les veines contractent sur elles-mêmes le reste du corps. Ainsi la fièvre s'allume, et les glandes se gonflent et s'enflamment.


III

Des glandes gisent dans le corps, plus nombreuses ou plus grosses, en ses cavités, aux articulations, et partout ailleurs où il y a de l'humidité, ainsi que dans les régions sanguines ; les unes, afin que, recevant l'afflux qui vient d'en haut dans les cavités, elles l'attirent à soi; les autres, afin que, recueillant l'humeur qui se reproduit par le fait de l'exercice, elles pompent la surabondance qu'envoient les articulations. De cette façon il n'y a point de débordement dans le corps; car, s'il se fait soudainement quelque afflux, il n'en résulte pas un débordement consécutif ; peu ou beaucoup, cela se consume dans les glandes.


IV

Ainsi, les glandes faisant profit de l'humeur surabondante du reste du corps, y trouvent une nourriture qui leur est conforme. Et, de fait, là où sont des parties marécageuses dans le corps, là sont des glandes ; et la preuve, c'est que là où sont des glandes, là sont aussi des poils. La nature fait des glandes et des poils; glandes et poils ont même utilité, les unes, pour l'humeur affluente comme il a été dit ; les autres, ayant à point ce que fournissent les glandes, poussent et croissent, recueillant le superflu qui bouillonne vers les extrémités. Mais là où le corps est sec, il n'y a ni glande ni poil; au lieu qu'avec des parties molles qui fatiguent et qui abondent en humidité, on a les conditions pour glandes et poils. Des glandes sont dans le voisinage des oreilles, de çà et de là, de chaque côté des veines jugulaires du cou, et aussi y a-t-il des poils des deux côtés. Aux aisselles, des glandes et des poils. Les aines et le pubis, comme les aisselles : glandes et poils. Ce sont, dans le corps, des parties creuses et toutes prêtes pour l'excès de l'humide, étant de celles qui fatiguent le plus et se meuvent le plus.


V

Le reste a des glandes seulement ; tels sont les intestins ; ils ont en effet aussi de grosses glandes dans l'épiploon, mais ils n'ont pas de poils. Et en effet, dans les marécages et les lieux très-humides de la terre, la graine ne germe pas et ne pousse pas au-dessus du sol, pourrissant et étouffée par l'excès, qui la comprime. Dans les intestins aussi l'excès et le liquide abondant compriment, de manière que des poils ne sont pas produits. Les glandes y sont plus grosses que partout ailleurs dans le corps; elles absorbent, par expression, l'humeur dans les intestins ; ceux-ci la reçoivent des vaisseaux et la transmettent à l'épiploon, qui la distribue aux glandes.


VI

Les reins aussi ont des glandes; car ils se saturent d'une humidité abondante. Là les glandes sont plus grosses que les autres ; en effet, le liquide affluant n'est pas absorbé par les reins, mais il s'écoule à la vessie en bas, de sorte qu'ils attirent à soi tout ce qu'ils se procurent par les conduits.


VII

l y a encore bien d'autres glandes toutes petites dans le corps ; mais je ne veux pas faire de digressions, cet écrit n'étant que sur le» plus importantes. Je reprends donc le fil du discours, et je vais parler de la constitution des glandes de la gorge. La gorge a, de çà et de là, à ses deux côtés, des glandes qu'on nomme amygdales. En voici l'usage : la tête est placée au sommet, creuse, ronde et pleine, tout autour, de l'humide qui provient du reste du corps ; en même temps le corps envoie dans la tête des vapeurs de toute espèce, que la tête renvoie à fur et mesure ; car ce qui afflue n'y peut rester, n'ayant pas où se fixer, à moins que la tête ne soit malade ; alors l'humeur n'est pas renvoyée, et elle prend prédominance. Mais lorsque ce qui a été attiré est renvoyé dans les glandes, le flux s'opère, et il ne cause aucune souffrance tant qu'il est peu abondant, proportionné , et que les glandes en sont maîtresses. Mais, l'afflux étant abondant et âcre, s'il est âcre et visqueux, la gorge s'enflamme, se tuméfie et se tend, et de la sorte le mal gagne l'oreille ; si les deux côtés sont pris, les deux oreilles, et une si un côté seulement est pris. Quand, au contraire, le flux est une matière pituiteuse, abondante et inerte, il y a encore de l'inflammation; et cette inflammation, vu que l'humeur est stationnaire, devient scrofules; ces maladies du cou sont pires.


VIII

Aux aisselles aussi il se fait un afflux qui, quand il est abondant et composé d'humeurs âcres, y engendre des abcès. De la même façon, aux aines, la glande attire l'humidité provenant des parties supérieures ; et, si elle en prend une surabondance, il se forme un bubon qui suppure; inflammation semblable à celle des aisselles et de la gorge. Là aussi les glandes paraissent rendre les mêmes services et causer les mêmes maux. Voilà ce que j'ai à dire là-dessus.


IX

Les intestins ont pleine saturation par les aliments et les boissons, recevant aussi l'humidité qui est sous la peau ; toute cette humidité est consumée de la même façon que la précédente ; mais, là, elle ne produit guère de maladies, à la différence de ce qui arrive dans les articulations ; car les glandes sont nombreuses, ouvertes, et non creuses. L'une n'absorbe pas beaucoup plus que l'autre, vu qu'il n'y en a pas une qui, voulant en avoir davantage, puisse dès lors avoir un excès ; chacune est bornée au peu qui afflue dans un organe divisé en beaucoup de parties ; de là, égalité pour toutes.


X

La tête aussi a les glandes, le cerveau semblable à une glande ; en effet le cerveau est blanc, friable comme les glandes ; il rend à la tête les mêmes services qu'elles rendent de leur côté; venant, pour les raisons que j'ai expliquées, au secours, il la dépouille de l'humidité , et renvoie aux extrémités en dehors le surplus provenant des flux. Le cerveau est plus gros que les autres glandes; les cheveux sont plus longs que les autres poils, le cerveau étant plus gros et gisant dans un large espace qui est la tête.


XI

Il produit des maladies et moindres et plus graves que les autres glandes ; et il les produit quand il envoie aux parties inférieures du corps sa surabondance. Les fluxions venant de la tête jusqu'à excrétion se font naturellement parles oreilles, par les yeux, par les narines, en voilà trois. D'autres arrivent par le palais au larynx, au pharynx; d'autres, par les veines, à la moelle épinière, aux hanches. En tout sept.


XII

Ces fluxions, en s'en allant, sont des purgations pour le cerveau ; si elles ne s'en allaient pas, ce seraient des maladies pour lui. De même pour le reste du corps ; si ces flux vont dans les parties intérieures et non au dehors, il en résulte beaucoup de trouble pour ces parties; ils ulcèrent le dedans ; et, si le cerveau envoie une fluxion acre, elle corrode et ulcère les voies. L'afflux est-il abondant et descendant avec force, la fluxion ne s'arrête pas jusqu'à ce qu'elle ait épuisé la plénitude qui descend. Le cerveau, renvoyant au dehors et recevant en place, se trouve toujours dans le même état; il attire les liquides et fait des maladies. Ce double état, négligé, affaiblit la nature ; et, si elle souffre, il y aura deux dommages. Les souffrances de la nature seront telles : d'une part, les flux susdits supportent mal la plénitude, et irritent les parties par leurs propriétés hétérogènes et inhabituelles ; d'autre part, le cerveau a du mal, et lui-même n'est pas sain ; et, s'il est irrité, il a beaucoup de trouble, l'intelligence se dérange, le cerveau est pris de spasme et convulsé le corps tout entier, parfois le patient ne parle pas, il étouffe; cette affection se nomme apoplexie. D'autres fois, le cerveau ne fait pas la fluxion acre ; mais, arrivant en excès, elle y cause de la souffrance ; l'intelligence se trouble, et le patient va et vient, pensant et voyant autre chose que la réalité, et portant le caractère de la maladie dans des sourires moqueurs et des visions étranges.


XIII

Un autre flux est sur les yeux ; de là les ophtalmies ; les yeux se gonflent. Si le catarrhe va sur le nez, il irrite les narines, sans rien autre de fâcheux; car les voies sont larges, et suffisantes pour se débarrasser elles-mêmes ; de plus, ce qui y va n'est pas disposé à former un engorgement. Au contraire les oreilles offrent un conduit oblique et étroit, et le cerveau, qui en est près, pèse sur elles; quand il est ainsi affecté, il verse généralement sur l'oreille, avec le temps, une sécrétion provenant du flux abondant; elle se filtre, et il coule un pus fétide. De cette sorte, les flux sont manifestes à l'œil dans les parties extérieures, et ils ne causent pas absolument la mort.


XIV

Si la fluxion se fait en arrière par le palais , la pituite arrivant dans le ventre, il y a, à la vérité, diarrhée, mais non maladie; mais, si la pituite demeure en bas, il se forme des iléus. Voici des affections chroniques : chez d'autres, la fluxion, par le palais, va à la gorge ; si elle est abondante et de longue durée, naissent les affections consomptives ; en effet les poumons se gorgent du phlegme, et le pus se forme ; il ronge les poumons, et les malades ne guérissent pas facilement ; souvent le médecin , même habile et d'un esprit pénétrant, ne saisit pas la cause. Une autre maladie provenant du catarrhe de la tête se produit, par la voie des veines, sur la moelle épinière; là elle se jette sur le sacrum , la moelle épinière conduisant la fluxion, et elle se fixe sur les cavités des hanches. Si les hanches viennent à consomption , le patient tombe, de cette façon aussi, dans le marasme , et il ne veut pas vivre ; car bientôt il souffre dans la côte; les pieds et les cuisses suivent, et s'atrophient toujours complètement en un long temps au milieu des soins du traitement ; de la sorte le malade s'affaiblit, et il meurt. Voilà ce que j'avais à dire sur les flux venant de la tête.


XV

Les affections de l'encéphale produisent aussi d'autres maladies, des délires, des transports, tout cela fort dangereux ; il souffre et les autres glandes aussi; en effet, il a un tonos ; et c'est là derechef un autre point synodique du corps.


XVI

Les glandes à la poitrine sont appelées mamelles; elles se développent chez qui donne du lait, et ne se développent pas chez qui n'en donne pas ; les femmes en donnent, et les hommes n'en donnent point. Chez les femmes, la constitution est lâche dans les glandes, comme dans le reste du corps; et les mamelles changent en lait la nourriture qu'elles attirent à soi. C'est de la matrice que se fait le transport aux mamelles pour l'alimentation de l'enfant après l'accouchement ; aliment que l'épiploon, comprimé par le fœtus, exprime et fait passer aux parties supérieures. Mais, chez les mâles, la coarctation et la densité du corps concourent grandement à empêcher que les glande» ne soient grosses. En effet, le mâle est compacte et comme une étoffe serrée soit à l'oeil soit au toucher ; le corps femelle est lâche, ' spongieux et comme une laine soit à l'œil soit au toucher ; de la sorte, ce qui est lâche et mou ne laisse pas aller l'humidité; au lieu que le mâle ne la reçoit même pas, étant dense et inhospitalier; de plus la fatigue lui endurcit le corps, si bien qu'il n'a pas par où prendre quoi que ce soit de superflu. Ce raisonnement montre que nécessairement la poitrine, les mamelles et le reste du corps sont spongieux et mous chez les femmes et en raison de l'oisiveté et en raison de ce qui a été dit, tandis que c'est le contraire chez les hommes.


XVII

Les mamelles sont sujettes aux abcès, aux inflammations, par la corruption du lait ; mais elles rendent les moines services que les glandes dont il a été question précédemment, enlevant le superflu au reste du corps. La preuve en est chez les femmes qui perdent une mamelle par maladie ou par quelque autre accident : la voix devient hardie, les humidités abondent à l'arrière-gorge ; la femme a du ptyalisme , de la céphalalgie, et est malade par ce dérangement : en effet, le lait, venant de la matrice et envoyé, comme précédemment, par elle en affluence dans les vaisseaux supérieurs, mais n'ayant plus de vaisseaux à lui propres, se porte aux parties essentielles du corps, le cœur, le poumon , et les femmes succombent suffoquées.







Selon Littré.
Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer, sur le site remacle.org
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