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 Des articulations

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Meleagre
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Meleagre

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MessageSujet: Des articulations   Des articulations EmptyMar 22 Jan - 14:10

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Des articulations Des_ar10

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Des luxations de l'humérus

À l'épaule je ne connais qu'un seul mode de luxation, la luxation dans l'aisselle ; je n'ai jamais vu le bras se luxer en haut ni en dehors; toutefois je ne prétends pas soutenir qu'il se luxe ou ne se luxe pas, malgré ce que j'aurais à dire à cet égard. Je n'ai jamais; non plus, observé de luxation qui m'ait paru être en avant. Mais les médecins croient que la luxation en avant est fréquente, et ils commettent des erreurs, particulièrement sur ceux qui ont éprouvé une atrophie des chairs placées autour de l'articulation et de l'humérus; en effet, sur ces personnes, la tête de l'humérus est tout à fait proéminente en avant. Et il m'est arrivé, ayant nié qu'il y eût luxation dans un cas pareil, de compromettre par là ma réputation auprès des médecins et des gens du monde, à qui je semblais ignorer seul ce que les autres semblaient savoir ; je ne pus qu'à grand-peine leur persuader que les choses étaient dans l'état suivant : si l'on dépouillait de ses chairs le moignon de l'épaule là où s'étend le muscle, et si l'on dépouillait le tendon qui appartient à l'aisselle, à la clavicule et à la poitrine, la tête de l'humérus apparaîtrait fortement saillante en avant, sans pour cela avoir été luxée ; car elle est naturellement inclinée en ce sens; quant au reste de l'humerus, il est tourné en dehors. L'humérus est appliqué latéralement contre la cavité de l'omoplate, quand il est pendant le long des côtes ; mais, quand le bras entier est dans l'extension en avant, alors la tête de l'os est dans la direction de l'omoplate, et elle ne paraît plus faire de saillie antérieure. Pour en revenir à notre sujet, je n'ai jamais vu même la luxation antérieure ; cependant je n'en prétends pas non plus affirmer ou infirmer la réalité. Lorsque le bras se luxe dans l'aisselle, comme beaucoup éprouvent cette luxation, beaucoup savent la réduire ; mais à un homme instruit il appartient de connaître tous les modes de réduction que les médecins emploient, et la manière de s'en servir le mieux. On doit mettre en usage le mode le plus puissant quand on voit la nécessité la plus forte; le plus puissant est celui dont je parlerai en dernier lieu.


Réduction par la main

Ceux qui se luxent fréquemment l'épaule sont généralement en état de réduire eux-mêmes leur luxation : mettant les condyles des doigts de l'autre main dans Faisselle, ils poussent en haut la tête de l'os et ramènent le coude vers la poitrine. Le médecin pratiquerait la réduction de la même façon, si, portant lui-même les doigts dans l'aisselle en dedans de l'os luxé, il l'écartait des cotes en appliquant dans le même temps sa tète contre l'acromion pour résister à la traction, et si, appuyant les genoux contre le bras près du coude, il le repoussait vers les côtes ; il importe que celui qui réduit ait de la force dans les mains. Ou bien le médecin opérera lui-même, comme il a été dit, avec les mains et la tête, et un aide ramènera le coude vers la poitrine. On peut encore réduire l'épaule en portant l'avant-bras du patient en arrière sur le rachis, puis d'une main on prend le coude et on l'élève en renversant, tandis que l'autre main est appuyée en arrière sur l'articulation. Cette réduction et la précédente ne sont pas naturelles ; toutefois, faisant tourner la tête de l'os, elles la forcent à rentrer.


Réduction avec le talon

Ceux qui opèrent la réduction avec le talon, opèrent d'une façon qui se rapproche de la réduction naturelle. Le patient doit être couché sur le dos; celui qui réduit s'assied du côté où est la luxation, il prend de ses deux mains le bras malade, il le tire, et, plaçant son talon dans l'aisselle, le droit dans l'aisselle droite, le gauche dans la gauche» il pousse en sens contraire. Il faut mettre dans le creux de l'aisselle quelque chose de rond qui s'y adapte ; ce qui remplit le mieux l'intention, c'est une balle très-petite et dure, comme les balles cousues avec plusieurs quartiers de cuir. Sans cette précaution le talon ne peut pas arriver jusqu'à la tête de l'humérus; car, par l'extension du bras, l'aisselle se creuse, et les tendons qui la bordent de part et d'autre font obstacle par leur contraction. Un aide assis de l'autre côté du patient maintiendra l'épaule saine, afin que la traction exercée sur le bras malade ne fasse pas exécuter au corps un mouvement de rotation. Puis, un lien souple et suffisamment large sera passé autour de la balle mise dans l'aisselle, et la maintiendra ; un autre aide, saisissant les deux bouts de ce lien, exercera une contre-extension, assis au-delà de la tête du patient, et appuyant un pied sur l'acromion. La balle sera placée aussi avant dans l'aisselle, aussi près des cotes que possible, et non sur la tête de l'humérus.


Réduction par l'épaule

Il est aussi une autre réduction qu'on pratique debout à l'aide de l'épaule ; mais il faut que celui qui l'emploie soit plus grand que le patient : il prendra à deux mains le bras du blessé et lui mettra dans l'aisselle le sommet de sa propre épaule, qu'il y poussera de manière à l'y loger, dans le but de suspendre a son épaule le patient par l'aisselle. Il fera cette épaule plus haute que l'autre ; il ramènera brusquement vers sa poitrine (de lui, médecin), le bras du patient suspendu. Sans cette, position, il secouera le patient, pendant qu'il est en l'air afin que le reste du corps fasse contrepoids à l'opposite du bras qui est retenu. Si le patient est trop léger, un enfant peu lourd se suspendra à lui par derrière. Toutes ces réductions sont excellentes dans la palestre, car elles n'exigent pas qu'on apporte aucun instrument; on pourrait s'en servir ailleurs aussi.


Réduction avec le pilon

Ceux qui exercent l'effort de réduction autour d'un pilon, ne sont pas loin de la réduction naturelle : le pilon sera entouré d'une pièce de linge moelleuse (de cette façon il aura moins de tendance à glisser), et poussé de force entre les côtes et la tête de l'humérus. Si le pilon est court, le patient sera assis sur quelque chose, de manière que le bras puisse à peine être passé par dessus. En général le pilon doit être assez long pour que la patient, debout, y soit, peu s'en faut, suspendu. Puis le bras et l'avant-bras seront étendus le long du pilon; l'autre côté du corps sera maintenu par un aide qui passera ses bras autour du cou, près de la clavicule. Cette réduction est passablement naturelle, et elle peut réussir si on sait la mettre en œuvre.


Réduction par l'échelle

Il y a aussi par l'échelon une réduction analogue ; elle est même meilleure, car le corps, tant d'un côté que de l'autre, y est maintenu en équilibre avec plus de sûreté pendant la suspension; au lieu que, avec le bâton en forme de pilon, l'épaule a beau y être fixée, le corps n'en est pas moins exposé à chavirer en un sens ou en l'autre. Toutefois, il faut aussi attacher sur l'échelon quelque chose de rond qui, s'adaptant au creux de l'aisselle, forcera la tête de l'humérus à rentrer dans sa situation naturelle.


Réduction par l'ambe

Mais de toutes les réductions la plus puissante est la suivante : Il faut avoir une pièce de bois large de cinq doigts ou quatre au moins, épaisse de deux ou même plus mince, longue de deux coudées ou un peu moindre ; elle sera arrondie à l'un des bouts, et c'est là qu'elle sera le plus étroite et le plus mince. A l'extrémité de ce bout arrondi sera une saillie faisant une petite avance, non du côté de la poitrine, mais du côté de la tête de l'humérus, afin que ce bout se loge dans l'aisselle entre les côtes et cette même tête. On collera sur ce bout une bande ou une pièce de linge moelleuse, afin que la pression de l'instrument soit adoucie ; puis, enfonçant la tête du bois dans l'aisselle aussi en dedans que possible, entre les côtes et la tête de l'humérus, et étendant tout le membre le long du bois, on y attachera et le bras et l'avant-bras, et le carpe, afin de les rendre aussi immobiles que possible.

Des articulations Articu10

A est la pièce de bois, garnie d'un rebord saillant à une de ses extrémités, et destinée à être mise sous le bras luxé.

L'objet essentiel est de porter l'extrémité du bois aussi en dedans que possible dans l'aisselle, et de lui faire dépasser la tête de l'humérus. Les choses ainsi disposées, on attachera avec solidité une poutrelle transversalement entre deux piliers; on passera le bras lié au bois par-dessus la poutrelle, de façon que le bras soit d'un côté, le corps de l'autre, et la poutrelle en travers de l'aisselle ; alors, on fait subir d'une part au bras lié à la pièce de bob, de l'autre au reste du corps, une traction qui s'exerce autour de la poutrelle : celle-ci sera fixée assez haut pour obliger le patient à se tenir sur la pointe des pieds. Cette réduction est de beaucoup la plus puissante, car elle fait le plus régulièrement l'office de levier, pourvu que le bois soit placé en dedans de la tête de l'humérus ; les efforts en sens contraire sont également les plus réguliers, et ils sont sans danger pour l'os du bras. Aussi les luxations récentes se réduisent-elles plus vite qu'on ne le croirait, avant même de paraître avoir subi les extensions ; de plus, c'est la seule méthode qui triomphe des anciennes luxations, si toutefois le temps n'a pas déjà produit l'envahissement de la cavité articulaire par les chairs, et si la tète de l'humérus ne s'est pas créé par sa pression une loge dans le heu où le déplacement l'a portée; ou plutôt, je pense qu'une luxation du bras, même aussi ancienne, se réduirait par cette méthode ; mais je croirais que l'os ne resterait pas en place, et que la luxation se reproduirait comme elle était auparavant. On obtient aussi le même résultat autour d'un échelon, après avoir disposé les choses de la même manière. Il suffit encore, si la luxation est récente, d'exercer l'effort de réduction autour d'une grande chaise de Thessalie e la pièce de bois sera disposée comme il a été dit ; de plus, le patient sera assis de côté sur la chaise ; puis, on portera le bras lié au bois par-dessus le dossier, et on exercera la traction d'une part sur le corps, d'autre part sur le bras lié au bois. On peut, avec le même procédé, pratiquer la réduction par-dessus le panneau inférieur d'une porte à deux panneaux. Il faut toujours savoir se servir de ce qu'on a sous la main.


De la facilité ou de la difficulté des réductions et des récidives

Il importe de ne pas ignorer que les constitutions diffèrent grandement des constitutions quant à la facilité avec laquelle les luxations se réduisent. Il y a aussi, à cet égard, quelque différence entre les cavités articulaires, l'une étant aisée à franchir, l'antre l'étant moins ; mais ce qui constitue la différence la plus considérable, c'est l'attache formée par les ligaments, qui est extensible chez les uns, rigide chez les autres; en effet, l'humidité des articulations provient d'une disposition des ligaments, en vertu de laquelle ils sont naturellement relâchés, et se prêtent sans peine aux distensions: on voit, en effet, souvent des hommes tellement humides qu'ils se luxent les articulations à volonté et sans douleur, et sans douleur se les réduisent. L'habitude du corps, n'est pas, non plus sans influence : chez les hommes dont le membre est en bon état et charnu, la luxation est plus rare et la réduction plus difficile; viennent-ils à perdre de leur embonpoint, alors la luxation est plus fréquente et la réduction plus aisée. Considérez les bœufs : ils se luxent surtout les cuisses quand ils sont le plus amaigris ; or, ils sont le plus amaigris à la fin de l'hiver ; c'est aussi alors qu'ils sont le plus exposés aux luxations, observation qui vient à l'appui de mon dire, s'il est permis de traiter d'un pareil sujet dans la médecine ; mais cela est permis, car Homère a très bien remarqué que, de tout le bétail, le bœuf est l'animal qui souffre le plus dans cette saison, et le bœuf de labour, parce qu'il travaille en hiver. C'est donc chez les bœufs que surviennent surtout les luxations, car ce sont eux qui maigrissent le plus. Le reste du bétail peut paître l'herbe courte ; mais le bœuf ne peut guère paître l'herbe avant qu'elle ne soit longue. Chez les autres, la partie saillante de la lèvre est mince, ainsi que la mâchoire supérieure ; mais chez le bœuf, la partie saillante de la lèvre est épaisse, et la mâchoire supérieure épaisse et obtuse : aussi ne peut-il pas arriver à saisir les herbes courtes. De leur côté, les solipèdes, ayant deux rangées de dents, peuvent non seulement saisir l'herbe courte par le rapprochement de leurs lèvres, mais encore y faire arriver leurs dents, et ils aiment mieux l'herbe de cette nature que l'herbe haute ; elle est, en effet, généralement meilleure et plus ferme que l'herbe haute, surtout à l'approche du temps où celle-ci monte en graine. Donc Homère a fait ces vers : Quand arrive le printemps désiré des bœufs qui tournent le pied en marchant, parce que l'herbe haute est celle qu'ils désirent le plus. D'ailleurs, le bœuf a naturellement l'articulation de la cuisse plus lâche que ne l'ont les autres animaux, et, pour cette raison aussi, il tourne plus que les autres le pied en marchant, sur? tout quand il est maigre et vieux; tous ces motifs font que le bœuf est le plus exposé aux luxations. Je me suis étendu sur ces observations parce qu'elles sont autant d'arguments â l'appui de ce qui précède. Pour en revenir à notre objet, chez les personnes maigres les luxations sont plus fréquentes, et la réduction plus prompte que chez les personnes charnues. L'inflammation consécutive est moins commune chez les personnes humides et grêles que chez les personnes sèches et charnues , et, à la suite de la réduction, l'articulation reste moins serrée ; il se formera un excès de liquide muqueux , sans inflammation, et de la sorte l'épaule aura delà disposition à se luxer de nouveau ; car, en général, les personnes maigres ont les articulations plus humides que les personnes charnues : on voit, en effet, les personnes maigres, qui n'ont pas été amaigries par un procédé régulier de Tait, avoir les chairs plus muqueuses que les personnes pourvues d'embonpoints Quant aux individus où c'est avec inflammation qu'il se produit du liquide muqueux, l'inflammation tient l'articulation serrée : voilà pourquoi un peu de mucosité dans les articulations ne les rend guère sujettes aux récidives des luxations, récidives qui surviendraient s'il n'y avait eu un peu plus ou un peu moins d'inflammation.


Traitement consécutif à la luxation

Ceux qui, après la réduction, n'éprouvent pas d'inflammation dans les parties environnantes, et peuvent se servir aussitôt sans douleur de leur épaule, ceux-là pensent qu'ils n'ont aucun besoin de s'occuper d'eux-mêmes; c'est au médecin à prédire ce qui les menace : ils sont plus exposés à une récidive que ceux dont les ligaments ont éprouvé de l'inflammation. Cela est vrai pour toutes les articulations, et surtout pour l'épaule et le genou ; car ce sont les articulations qui se luxent le plus. Ceux , au contraire, dont les ligaments éprouvent de l'inflammation ne peuvent pas se servir de leur épaule; ils en sont empêchés par la douleur et la tension inflammatoire. Le pansement sera fiait avec du cérat et un bandage composé de compresses et de bandes nombreuses. On mettra dans l'aisselle un tampon de laine molle et dégraissée, qui servira à en remplir le creux, afin de faire, d'une part un contre-boutant au bandage, d'autre part un appui à la tète de l'os. Il faut généralement tenir le bras remonté-, car, de cette façon, la tête de l'os se trouvera le plus loin du lieu où la luxation l'avait portée. Le bandage étant posé sur l'épaule, on aura soin d'attacher le bras à la poitrine à l'aide d'une pièce de linge qui fera le tour du corps, il faut aussi masser l'épaule doucement et avec persistance. Le médecin doit posséder l'expérience de beaucoup de choses, et, entre antres, du massage ; le mot restant le même, le résultat est loin de l'être : le massage resserrera une articulation trop lâche, et relâchera une articulation trop rigide; mais nous déterminerons les règles du massage dans un autre traité. Il convient de masser une épaule dans cet état avec des mains douces, et, dans tous les cas, avec ménagement. On communiquera des mouvements à l'articulation sans violence, mais, autant que cela se pourra, sans douleur. Le rétablissement est complet, tantôt après un temps plus long, tantôt après un temps plus court.


Signes de la luxation de l'épaule

On connaîtra une luxation du bras aux signes suivants : Comme le corps est régulier pour les membres tant supérieurs qu'inférieurs, on comparera le membre sain au membre malade, et le membre malade au membre sain ; on ne regardera pas les membres d'un autre, mais on regardera les membres du blessé lui-même» pour savoir si celui du côté sain est dissemblable de celui du côté lésé. C'est, sans doute, un bon conseil, niais il peut induire facilement en erreur : ce qui prouve qu'il ne suffit pas de connaître la médecine en théorie, mais encore qu'il faut être familiarisé avec cet art par la pratique. Plusieurs, en effet, en raison de la douleur ou de toute autre cause, ne peuvent, sans cependant avoir une articulation luxée, prendre les positions que prend le corps en état d'intégrité ; il faut donc faire attention à une pareille attitude, et s'en rendre compte. D'une part, la tête de l'humérus fait beaucoup plus saillie dans l'aisselle du côté malade que du côté sain ; d'autre part, le moignon de l'épaule paraît creux et l'acromion proéminent, attendu que la tête de l'humérus est descendue dans la partie inférieure : il y a là encore certaine cause d'erreur, mais je m'en occuperai plus loin, car cela vaut la peine d'être exposé. De plus, le coude paraît plus éloigné de la poitrine du côté de la luxation que du côté sain ; en faisant effort pour l'en rapprocher, on le rapproche, mais on cause beaucoup de douleur. Enfin, le blessé ne peut nullement porter le bras en haut le long de l'oreille, le coude étant dans l'extension, comme il fait pour le bras sain; Une peut non plus faire exécuter au bras luxé un mouvement de va et vient : tels sont les signes de la luxation de l'épaule, et tels sont les modes de réduction et de traitement.


Traitement pour les récidives des luxations de l'épaule

Il est important d'enseigner comment on doit traiter les personnes qui éprouvent de fréquentes luxations du bras ; beaucoup, en effet, ont été empêchés, par cet accident, de se livrer aux exercices gymnastiques, bien qu'étant pour tout le reste pleins de vigueur; et beaucoup, devenus par là inhabiles au maniement des armes, ont été tués. Ce qui ajoute encore à l'importance de cet enseignement, c'est que, à ma connaissance, personne ne traite convenablement l'affection dont il s'agit; les uns ne s'y essayant même pas, les autres ayant sur cet objet des idées et une pratique contraires à ce qui est utile. Bien des médecins ont cautérisé des épaules sujettes à se luxer, et sur le moignon, et en avant là où la tête de l'os proémine, et un peu en arrière du moignon. Ces cautérisations , si le bras se luxait en haut, ou en avant, ou en arrière, seraient excellentes ; mais, comme le bras se luxe en bas, elles tendent plus à luxer qu'à retenir la tête de l'os , car elles la repoussent de l'espace supérieur. Voici comment il faut pratiquer ces cautérisations : On saisit avec les doigts la peau dans l'aisselle, et on l'attire surtout vis-à-vis le point où se luxe la tête de l'humérus ; puis, la peau étant ainsi attirée, on la cautérise de part en part. Il faut cautériser avec des ferrements ni épais ni trop arrondie , mais allongés, et appuyer avec la main: ils doivent aussi être chauffés à blanc, afin que la cautérisation soit terminée aussi promptement que possible. Les ferrements épais, marchant lentement, produisent des eschares qui se détachent dans une plus grande étendue, et il y aurait danger, que le pont qui sépare les plaies se rompit : il n'en résulterait rien de pire, mais cela laisserait plus de difformité , et serait d'une main moins habile. La cautérisation ayant traversé le pli de peau de part en part, il suffit, chez la plupart, de ces eschares ainsi mises à la partie inférieure. Mais si le pont qui sépare les plaies, loin de paraître courir le risque de se rompre, est très-considérable, vous passerez à travers le trajet cautérisé une spatule mince en tenant encore le pli de peau, car autrement la spatule ne passerait pas. Cela fait, vous lâcherez le pli, puis, entre les eschares précédentes, vous placerez une autre eschare avec un ferrement mince, et vous cautériserez jusqu'à ce que vous rencontriez la spatule. Quant à la grandeur du pli de la peau de l'aisselle qu'il faut saisir, voici les indices à suivre : Tous les hommes ont des glandes plus ou moins grosses dans l'aisselle , ainsi que dans plusieurs autres lieux du corps ; mais je m'occuperai, dans un autre traité, de la constitution des glandes, et je dirai ce qu'elles sont, ce qu'elles signifient et ce qu'elles peuvent dans les lieux où elles sont placées. Ces glandes, il ne faut pas les saisir, ni rien de ce qui est situé plus profondément; cela serait fort dangereux, car elles sont dans le voisinage des cordons les plus importants ; mais on prendra le plus qu'on pourra de tout ce qui est plus superficiel que les glandes ; là aucun péril. Autres observations à faire : D'une part, si vous élevez fortement le bras , vous ne pourrez saisir, dans; la peau de Faisselle, un pli quelque peu considérable : la peau se dépense dans l'élévation du bras. D'autre part, les cordons, qu'à aucun prix il ne faut blesser, se tendent et se présentent sous la main dans cette position ; mais si vous soulevez médiocrement le bras, vous saisirez un pli considérable de la peau, et les cordons qu'il faut éviter se trouveront placés profondément et loin du lieu de l'opération. N'est-il donc pas juste, dans la médecine entière , d'attacher, par dessus tout, de l'importance à trouver en chaque circonstance les positions convenables ? Voilà ce qui se fait dans l'aisselle, et ces froncements de la peau sont des obstacles suffisants, si les eschares ont été bien placées. En dehors de l'aisselle, il n'y a que deux endroits où l'on pourrait pratiquer des cautérisations subsidiairement efficaces contre l'affection dont il s'agit : le premier est en devant, entre la tête de l'humérus et le tendon de l'aisselle, et là il faut brûler complètement la peau, mais sans pousser la cautérisation plus profondément; car dans le voisinage sont une grosse veine et des nerfs, et il ne faut faire sentir la chaleur ni à l'une ni aux autres. Il est encore loisible de placer une autre eschare en dehors de la précédente, beaucoup au-dessus du tendon de l'aisselle, mais un peu au-dessous de la tête de l'humérus, et on brûlera la peau complètement, sans faire, ici non plus, la cautérisation très-profonde ; car le feu est ennemi des nerfs. Tout le temps que durera le traitement de ces plaies, on n'élèvera jamais le bras fortement, on ne fera que l'écarter médiocrement et dans la limite que le pansement exige ; de cette façon, les plaies sentiront moins le froid, dont il importe de garantir toutes les brûlures pour les traiter convenablement, les bords s'en écarteront moins, et moins aussi il y aura risque d'hémorragie et crainte de spasme. Quand les plaies se sont mondifiées et qu'elles marchent vers la cicatrisation, c'est alors surtout qu'il faut maintenir constamment, et le jour et la nuit, le bras fixé contre la poitrine ; et même, après la guérison des plaies, on ne doit pas moins, pendant longtemps encore, faire garder au bras cette position. Grâce à cette précaution, la cicatrice rétrécira autant que possible l'espace dans lequel le bras a le plus de tendance à se déplacer.


Effets consécutifs de la luxation de l'épaule non réduite

Chez les individus qui ont gardé non réduite une luxation de l'épaule, l'humérus, s'ils sont encore dans l'âge de la croissance, ne se développe pas comme celui du côté sain ; il croit, il est vrai, un peu, mais il reste plus court que l'autre. Ceux qu'on nomme galiancones de naissance, doivent cette infirmité ou à une luxation qu'ils ont éprouvée dans le ventre de leur mère, ou à un autre accident dont il sera parlé plus tard. De plus, ceux qui, dans la première enfance, sont atteints de suppurations profondes et intérieures vers la tète de l'humérus, deviennent , tous aussi, galiancones ; et, soit qu'on lasse des incisions, soit que l'on cautérise, soit qu'on laisse les abcès s'ouvrir spontanément, il faut bien savoir qu'il en sera ainsi. Toutefois, les galiancones de naissance se servent de leur membre avec beaucoup de force, sans pouvoir, eux non plus, porter le bras le long de l'oreille, le coude étant dans L'extension ; il s'en faut de beaucoup qu'ils y arrivent, comme ils le font du côté sain. Quand c'est dans l'âge adulte que l'articulation du bras, se luxant, n'est pas réduite, le moignon de l'épaule se décharné, et cette partie s'amincit ; cependant, lorsque la douleur a cessé, si tous les actes qu'où doit exécuter en écartant latéralement le coude de la poitrine sont à peu près interdits, les actes qu'on doit exécuter en donnant au bras un mouvement en avant et en arrière le long des cotes, sont possibles. Ainsi, ces infirmes feront mouvoir une tarière, une scie ; ils manieront une hache, ils bêcheront, sans lever beaucoup le coude, et exécuteront tous les travaux qui exigent des positions semblables.


Luxation de l'extrémité acromiale de la clavicule

Dans le cas où l'acromion a été arraché, l'os arraché paraît saillant. Cet os sert de moyen d'union entre la clavicule et l'omoplate ; car, en cela , la structure de l'homme est différente de celle des autres animaux. C'est surtout dans cette lésion que les médecins se trompent, au point de s'occuper de réduire le bras comme s'il était luxé. J'ai vu nombre de médecins, qui, du reste, n'étaient pas sans mérite, causer beaucoup de mal en faisant des tentatives de réduction sur une épaule en cet état, qu'ils croyaient luxée, et n'y renoncer qu'après avoir, ou reconnu leur erreur, ou, dans, la persuasion qu'ils avaient affaire à une luxation de l'épaule, avoué leur impuissance. Le traitement qui convient aux autres cas semblables convient aussi à celui-ci : du cérat, des compresses, des bandes et l'appareil tel qu'il se comporte. Il faut abaisser le fragment qui proémine, placer dessus le plus grand nombre de compresses, y exercer la plus forte pression, et porter en haut le bras appliqué contre la poitrine : c'est de cette façon que l'os arraché sera tenu dans le plus grand rapprochement. Il faut bien savoir , et l'on peut, si l'on veut, en faire la prédiction, qu'il ne résultera de cette lésion aucun dommage, ni grand ni petit, pour l'épaule, mais que cet endroit sera déformé. En effet, l'os ne se maintiendra pas dans son ancienne position tel qu'il était naturellement , mais nécessairement il fera en haut une saillie plus ou moins considérable. En général, on n'obtient la coaptation exacte d'aucun os qui, partie conjointe et apophyse d'un autre os, a été arraché de sa position primitive. L'acromion cesse d'être douloureux au bout de peu de jours, si le bandage est mis convenablement.


Fracture de la clavicule, saillie du fragment sternal, critique des opinions des médecins

La fracture de la clavicule, si elle est exactement en rave, est plus facile à guérir que si elle est oblique. Il arrive en cela le contraire de ce qu'on supposerait ; dans la fracture en rave plus que dans l'autre, on rendra aux fragments la conformation naturelle, avec beaucoup de soin, on parviendra à rapprocher d'un même niveau les deux fragments en plaçant les parties dans des positions convenables et sous un bandage approprié ; et, quand même la coaptation ne serait pas parfaite, le fragment proéminent ne formerait pas une saillie très-prononcée. Mais dans les fractures obliques l'inconvénient est le même que dans l'arrachement d'éminences osseuses duquel il vient d'être parlé s les deux fragmente ne se laissent pas exactement affronter, et celui qui proémine fait une très-forte saillie. En somme, il faut savoir qu'aucun mal ne résulte, ni pour l'épaule ni pour le corps entier, de la fracture de la clavicule, à moins .qu'il ne survienne du sphacèle ; or, cela arrive rarement. Mais le lieu delà fracture demeure difforme, et cette difformité, d'abord très-désagréable pour ceux qui en sont porteurs, le devient moins dans la suite. La clavicule se consolide promptement, ainsi que tous les autres os spongieux : le cal se forme en peu de tempe dans les os de cette espèce. Quand donc la fracture est très-recente, les blessés veulent sérieusement guérir, croyant le mal plus grand qu'il n'est, et les médecins sont, sans doute, tout disposés à faire un traitement régulier; mais, au bout de quelque temps, les blessés, n'éprouvant point de douleur et n'étant empêchés ni de marcher ni de manger, se relâchent, et les médecins, ne pouvant prévenir la difformité du cal, se retirent sans se tourmenter de la négligence des blessés ; pendant ce temps, la formation du cal chemine. La déligation qu'on emploie est celle de la plupart des fractures : du cérat, des compresses et des bandes souples. Il faut se souvenir, et surtout dans ce cas-ci, que le plus grand nombre de compresses doit être placé sur le fragment saillant, et que cet endroit doit être comprimé par le plus de surbandes et le plus fortement. À cette fin, il y en a qui ont imaginé d'attacher en sus un plomb dont le poids doit forcer le fragment saillant à descendre; mais le fait est que même cette addition d'un poids est inutile dans la fracture de la clavicule, car, et ceux-là même qui emploient la déligation simple s'y trompent peut-être aussi, il est impossible de faire subir au fragment saillant un abaissement de quelque importance. D'autres, sachant que ces obligations glissent et ne ramènent pas les parties saillantes à leur position naturelle, emploient, il est vrai, les compresses et les bandes comme les autres ; mais, passant autour du corps du patient un bandage là on une ceinture s'applique le mieux, et faisant sur le fragment saillant une élévation avec les compresses qu'ils y superposent, ils fixent en avant à cette ceinture le chef de la bande, et ils font le pansement en tendant la bande directement vers la clavicule et en la conduisant en arrière ; puis la passant autour de la ceinture, la ramenant en avant et derechef en arrière. D'autres ne passent pas la bande autour d'une ceinture, mais ils la passent autour du périnée, du siège même et le long du racine, et ils exercent ainsi la compression sur la fracture. À entendre la description de ces délégations, un homme inexpérimenté les trouve assez conformes aux conditions naturelles; mais à l'application on les trouve inefficaces : en effet, le bandage qui s'appuie sur le périnée n'a aucune solidité, le malade étant même couché, ce qui est, cependant, la position où le bandage se déplace le moins ; si, dans son lit, le malade fléchit ou la jambe ou le tronc, il le dérangera tout entier. D'ailleurs, cette déligation est gênante : le siège y est compris, et de nombreux tours de bande passent dans ce lieu étroit. Quant aux bandes passées autour de la ceinture, celle-ci n'est pas tellement serrée que les bandes ne la forcent pas à remonter, et dès-lors tout le bandage se trouve nécessairement relâché. On paraîtrait le pins approcher du but, sans faire grand-chose en réalité, si, des bandes, quelques-unes étaient roulées autour de la ceinture, mais le plus grand nombre, employées à maintenir l'ancien bandage : c'est de la sorte que les pièces de l'appareil se dérangeraient te moins, et se prêteraient mutuellement le plus de secours. Je viens d'exposer à peu près tout ce qui regarde la fracture de la clavicule. Toutefois, il est encore une remarque à faire : cet os se fracture généralement de manière que le fragment du côté de la poitrine proémine en haut, et que le fragment acromial est en bas. La cause de cette double disposition est que la poitrine ne peut ni s'élever ni s'abaisser beaucoup ; l'articulation de la clavicule avec la poitrine ne permet que de petits mouvements, et la poitrine forme un tout continu et avec elle-même et avec la colonne vertébrale ; mais la clavicule, dans la partie la plus voisine de l'articulation scapulaire, est flottante, obligée qu'elle est de se mouvoir beaucoup, à cause de sa connexion avec l'acromion. De plus, en cas de fracture, le fragment attaché à la poitrine fuit vers le haut, et il ne se laisse guère ramener en bas, étant léger, et trouvant dans la partie supérieure un espace qu'il n'a pas dans la partie inférieure ; mais l'épaule, le bras et les parties attenantes se détachent sans peine des côtes et de la poitrine, et aussi peut-on les élever et les abaisser beaucoup. Quand donc la clavicule se fracture, le fragment scapulaire s'abaisse; car, avec l'épaule et le bras, il tend plus à se porter dans ce sens que dans le sens opposé. Les choses étant ainsi, on se méprend quand on croit abaisser le fragment qui fait saillie; loin de là , c'est évidemment le fragment inférieur qu'il faut porter vers le supérieur ; l'inférieur, en effet, est mobile, l'inférieur est celui qui est hors de sa position naturelle. Manifestement, il n'y a pas d'autre moyen d'agir sur ce fragment que le suivant : si le médecin, rapprochant le bras des côtes, le porte à sa plus grande élévation, de manière à rendre l'épaule aussi pointue que possible, il est clair que, de cette façon, le fragment scapulaire sera affronté avec le fragment sternal, dont il a été arraché. Ainsi, celui qui emploiera le bandage conforme à la règle, dans le but de procurer une prompte guérison, persuadé que tout est inutile excepté l'attitude ci-dessus indiquée, celui-là se fera une juste idée des choses, et son traitement sera le plus court et le meilleur. Toutefois, il importe grandement que le patient reste couché; quatorze joues sont suffisante s'il garde le repos, vingt tout au plus.
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MessageSujet: Re: Des articulations   Des articulations EmptyMar 22 Jan - 14:10

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Saillie du fragment acromial

Si la clavicule se fracture, ce qui n'arrive guère, d'une manière opposée, tellement que, le fragment sternal s'abaissant, le fragment acromial fasse saillie et repose sur l'autre, cela ne réclame pas un grand traitement : l'épaule même et le bras, abandonnés à leur propre poids, fixeront les fragments l'un contre l'autre. Un bandage médiocre suffira, et en peu de jours le cal sera formé.


Déplacement des fragments en avant au en arrière

Dans le cas où, la fracture n'étant pas ainsi, le déplacement s'est fait suivant le diamètre antéro-postérieur, en un sens ou en l'autre, on ramènera le fragment à sa place naturelle en élevant l'épaule avec le bras, comme il a été dit plus haut. La coaptation étant opérée, le reste du traitement durera peu de temps. Ainsi en général ces déplacements sont rectifiés; par le bras même que l'on porte en haut. Toutefois, il y a un moyen, ai c'est le fragment sternal qui se déplace suivant le diamètre antéro-postérieur ou qui s'abaisse, de favoriser la coaptation : c'est de faire coucher le blessé sur le dos, et de mettre entre les omoplates quelque chose d'un peu élevé, afin que la poitrine s'abaisse sur les côtés autant que possible; dans cette position, pendant qu'un aide portera en haut le bras étendu le long des côtes, le médecin, saisissant avec la paume d'une main la tête de l'humérus, l'écartera du corps, et de l'autre main fera la coaptation des fragmente ; de cette façon il les remettra le mieux dans leur situation ; mais, comme il a déjà été dû, le fragment sternal n'a guère de tendance à se porter en bas. Dans la plupart des cas, le blessé, après l'application d» bandage, se trouve bien de la position dans laquelle le coude étant appliqué centre les côtes mêmes, l'épaule, est tenue dans l'élévation. Il en est d'autres chez qui, l'épaule étant, comme il a été dit, portée en haut, le coude sera avancé sur la poitrine et la main retenue sur le haut de l'épaule saine. Si le blessé a la constance de rester couché , on mettra quelque appui qui maintienne l'épaule aussi élevée que possible ; s'il se tient levé, on fera, avec une écharpe, une fronde qui embrassera la pointe du coude et qui sera suspendue au cou.


Luxation postérieure incomplète du coude

Articulation du coude se déplaçant ou se luxant incomplètement vers les cotes ou en dehors, la pointe aiguë restant dans la cavité de l'humérus; pratiquer l'extension en droite ligue, et repousser en arrière et de côté la partie qui fait saillie.


Luxations latérales complètes du coude

Dans les luxations complètes du coude en dedans ou en dehors, faire l'extension comme pour la fracture de l'humérus ; de cette façon, la portion courbe du coude ne fera pas obstacle. Les déplacements en dedans sont les plus fréquente. Coaptation : on écartera, le plus possible, les os, afin que la tête de l'humérus ne touche pas l'apophyse courbe ; on fera exécuter a l'avant-bras, tenu élevé, un mouvement de rotation et de circumflexion ; on ne forcera pas en ligne droite ; en même temps on poussera en sens inverse les os qu'on ramènera à leur place. On aiderait encore à la réduction en tournant l'avant-bras en supination dans on cas, en pronation dans l'autre. Traitement quant à la position : tenir la main un peu plus élevée que le coude, et le bras appliqué contre la poitrine ; cela fait, suspendre le bras dans une écharpe ou le poser sur un plan ; position facile à supporter ; attitude naturelle ; conservation des usages communs du membre, car, s'il s'ankylose, du moins il ne s'ankylose pas mal, et il s'ankylose vite. Traitement quant au bandage : employer les bandes suivant la règle de l'application des appareils dans les articulations, et comprendre dans les tours de bande la pointe du coude.


Luxations du coude en avant et en arrière

Les luxations du coude donnent souvent lieu à des accidents très-graves, fièvres, douleurs qui s'accompagnent de nausées et de vomissements de bile pure ; en premier lieu, la luxation en avant, à cause de ce qui s'engourdit ; en second lieu, la luxation en arrière. Le traitement est le même : réduction de la luxation en avant, extension forcée. Signe : le blessé ne peut étendre l'avant-bras. Signe de la luxation en arrière : le blessé ne peut fléchir l'avant-bras ; mettre dans le pli du coude le globe d'une bande roulée de manière à être dure, et, de l'extension, passer à une flexion subite autour de ce globe.


Luxation du radius

On reconnaît la diastase des deux os de l'avant-bras en palpant dans le lieu où la veine du bras se divise.


Luxations du coude non réduites, congénitales ou non

Les lésions du coude sont suivies promptement d'ankylose. Dans les luxations congénitales, les os inférieurs à la lésion restent plus courts ; le raccourcissement est le plus grand, premièrement, dans les os de l'avant-bras qui en sont les plus voisins ; secondement, dans les os de la main ; troisièmement, dans les doigts; mais le bras et l'épaule sont plus forts que les parties inférieures, à cause de la nutrition qu'ils reçoivent, et l'autre bras est encore plus fort par l'effet du surplus d'exercice. Quant aux chairs, elles s'atrophient , en dedans si la luxation est en dehors, en dehors si la luxation est en dedans.


Luxations latérales complètes du coude

Si le coude est luxé en dedans ou en dehors, l'extension se fera dans la position ou l'avant-bras est fléchi angulairement sur le bras : on embrasse l'aisselle avec une écharpe que l'on fixe en haut, et on suspend un poids au coude près de l'articulation, ou bien avec les mains on tire en bas le coude , l'extrémité articulaire de l'humérus étant suffisamment élevée, on fait la réduction avec la paume des mains, comme dans les luxations du poignet : c'est dans la menue position de flexion angulaire que le bras est bandé, porté dans une écharpe, on posé sur un plan.


Luxations en avant et en arrière

Dans la luxation en avant, il faut, en étendant subitement l'avant-bras, opérer la coaptation avec la paume des mains : ces deux temps de la réduction doivent être simultanés ici comme dans les autres luxations. Dans la luxation eu arrière, on fléchira l'avant-bras autour d'une bande roulée , d'un bon volume, et, en même temps, on fera la coaptation.


Luxations postérieures incomplètes

Si l'avant-bras a subi une inclinaison en dedans ou en dehors, il faut pratiquer en même temps l'extension et la coaptation. Quant à la conduite du traitement, l'attitude et le bandage sont les mêmes pour ces luxations : au reste, elles peuvent aussi se réduire toutes par le mode commun de l'extension.


Idée générale des procédés de réduction

Parmi lès réductions, les unes s'opèrent par l'élévation, les autres par l'extension, d'autres par un mouvement de rotation ; attitudes forcées dans un sens ou dans l'autre et mouvement rapide, voilà ce qui constitue les réductions par rotation.


Luxations incomplètes de l'avant-bras au poignet, en avant ou en arrière

L'avant-bras, dans son articulation avec la main, se luxe ou en avant ou en arrière, en avant.la plupart du temps. Les signes en sont manifestes : si en avant, le blessé ne peut fléchir les doigts; si en arrière, il ne peut les étendre. Réduction : mettre les doigts sur une table, faire pratiquer l'extension et la contre-extension par des aidés, et, avec la paume d'une main ou le talon, pousser la partie saillante à la fois en avant et en bas du côté de l'autre os : on met quelque chose de volumineux et de moelleux sur la main luxée, qu'on place dans la pronation si la luxation est en arrière, dans la supination si elle est en avant. Le traitement se fait avec des bandes.


Luxations complètes de l'avant-bras au poignet, en avant ou en arrière

L'avant-bras, au poignet, se luxe complètement ou en avant ou en arrière, il se luxe en dedans ou en dehors, mais surtout en avant; il arrive aussi que l'épiphyse se disjoint ; d'autres fois, il arrive qu'il y a diastase de l'un ou de l'autre os. L'extension, dans ces cas, doit être puissante ; en même temps on pousse dans un sens la partie saillante, dans un sens opposé l'autre partie, suivant deux directions à la fois, en arrière et latéralement, soit avec les mains , soit avec le talon sur une table. Ces luxations donnent lieu à des accidents graves et à des difformités; mais avec le temps les parties se fortifient, et les malades s'en servent. Traitement ; Bandes qui comprendront la main et l'avant-bras ; attelles qui s'étendront jusqu'aux doigts. Les attelles étant posées , on défera l'appareil plus souvent que dans les fractures, et l'on usera d'allusions plus abondantes.


Effet des luxations du poignet non réduites

Dans les luxations congénitales du poignet, la main reste plus courte, et les chaire s'atrophient surtout du côté opposé à celui où la luxation s'est faite; mais quand la luxation est survenue chez un adulte, les os ne perdent rien de leur longueur.


Luxation des doigts

La luxation des doigts se reconnaît sans peine. Réduction : faire l'extension en ligne droïte, et en même temps repousser la partie saillante dans un sens, et dans un autre la partie opposée; traitement avec les bandes. Dans la luxation non réduite, l'os se soude en dehors ; dans la luxation congénitale ou survenue durant la croissance, les os situés au-dessous de la lésion restent courts, et les chairs s'atrophient surtout du côté opposé à celui où est la luxation ; mais quand la luxation s'est faite chez un adulte, la longueur des os est conservée.


Luxation de la mâchoire

La mâchoire s'est rarement luxée d'une manière complète; en effet, l'os qui naît de la mâchoire supérieure se conjugue avec l'apophyse placée sous l'oreille, laquelle sépare les têtes de la mâchoire inférieure, étant plus élevée que l'une, plus basse que l'autre. Les têtes de la mâchoire inférieure sont, l'une, à cause de sa longueur, peu accessible [aux violences extérieures], l'autre coronoïde et dépassant le zygoma ; à ces deux têtes sont attachés des tendons nerveux auxquels tiennent les muscles appelés crotaphiles et masséters. Ils ont reçu ce nom, et ils sont mobiles, parce que l'attache en est au maxillaire inférieur ; car dans la mastication, dans la parole et dans tout autre exercice de la bouche, c'est la mâchoire supérieure qui reste immobile, étant unie à la tête par synarthrose et non par diarthrose ; mais la mâchoire inférieure se meut, attendu qu'elle a une articulation diarthrodiale avec la mâchoire supérieure et la tête. Je dirai ailleurs pourquoi, dans les convulsions et le tétanos, cette articulation donne le premier signe par sa rigidité, et pourquoi les plaies temporales sont dangereuses et exposent à des accidents carotiques. Les causes que j'ai exposées font que ces luxations ne sont pas fréquentes ; ajoutons encore cette raison : il n'arrive guère que des aliments obligent à porter t'écartement des mâchoires au-delà de l'écartement naturellement possible; or, la seule position qui donnerait lieu à la luxation, c'est celle où à un grand écartement se joindrait un mouvement latéral de la mâchoire. Toutefois, il est une circonstance qui favorise la luxation : de tous les tendons et de tous les muscles placés près des articulations ou dépendant des articulations auxquelles ils sont attachés, ceux que l'exercice soumet aux mouvements les plus fréquente sont aussi ceux qui peuvent le plus céder aux distensions, de même que les cuirs le mieux assouplis sont ceux qui prêtent le plus. Revenons-en à notre sujet : Si la mâchoire se luxe rarement, toutefois elle éprouve, dans les bâillements, de fréquentes déviations, telles que celles que produisent beaucoup d'autres déplacements de muscles et de tendons. Voici les signes principaux qui manifestent la luxation : La mâchoire inférieure proémine en avant ; elle est déviée vers le côté opposé à la luxation , l'apophyse coronoïde fait une saillie à la mâchoire supérieure, et le blessé rapproche difficilement les mâchoires. Le mode de réduction qui convient dans ce cas est manifeste : Un aide maintiendra la tète du blessé, un autre, embrassant avec les doigts la mâchoire inférieure en dedans et en dehors vers le menton, tandis que le patient ouvre la bouche autant qu'il peut sans se forcer, commencera par remuer la mâchoire inférieure pendant quelque temps, la portant avec la main en dedans et en dehors, et recommandant au blessé de la tenir relâchée, de la remuer simultanément, et de se prêter le plus possible à ces mouvements ; puis soudainement, il la déplacera en faisant attention à trois positions à la fois : d'abord, il faut la ramener de sa position vicieuse à sa position naturelle, secondement, il faut la repousser en arrière ; troisièmement, obéissant à ces deux mouvements, le blessé doit rapprocher les mâchoires et ne pas ouvrir la bouche : telle est la réduction, et on ne réussirait pas par d'autres positions. Un traitement court suffit : Appliquer une compresse enduite de cérat, et l'assujettir avec une surbande lâche. Il est plus sûr d'opérer en faisant coucher le blessé sur le dos et en appuyant sa tête sur un coussin de cuir aussi plein que possible, afin qu'il ne s'affaisse pas : un aide maintiendra en même temps la tête du blessé.
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MessageSujet: Re: Des articulations   Des articulations EmptyMar 22 Jan - 14:11

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Luxation des deux cotidyles de la mâchoire

Quand la mâchoire se luxe des deux côtés, le traitement est le même. Dans ce ces, le blessé rapproche un peu moins les deux mâchoires ; car l'inférieure est plus proéminente, sans déviation, toutefois : l'absence de déviation se reconnaît surtout aux rangées des dents, qui se correspondent en haut et en bas. Il faut réduire ce^te luxation aussitôt que possible : le mode de réduction a été décrit plus haut. En cas de non-réduction, les blessés courent risque de perdre la vie par des fièvres continues et un coma accablant ; il survient aussi des selles de bile pure et peu abondantes ; et, s'ils vomissent, ils vomissent des matières intempérées : aussi meurent-ils vers le dixième jour.


Fracture du maxillaire inférieur sans déplacement

Dans la fracture de la mâchoire inférieure, s'il arrive que l'os n'est pas entièrement cassé en rave, mais que, restant dans sa continuité, il éprouve une inclinaison, dans ce cas on fait la coaptation en portant les doigts sur le côté de la langue, et en résistant en dehors autant que cela convient. Si les dents du lieu de la lésion sont déviées et déplacées, il faut, après la coaptation , les joindre l'une à l'autre, non seulement deux, mais encore plusieurs, jusqu'à la consolidation , avec un fil d'or, de préférence, sinon avec un fil de lin. Puis, le bandage se fait avec du cérat, peu de compresses et peu de bandes, auxquelles, loin de les serrer, on laisse une certaine laxité. Il faut, en effet, bien savoir que le bandage avec les bandes, dans la fracture de la mâchoire, sera peu utile s'il est bien appliqué, et nuira beaucoup s'il est mal appliqué. Il faut faire de fréquentes recherches le long de la langue, et, exerçant avec les doigts une pression longtemps prolongée, maintenir le fragment incliné ; le mieux serait d'y tenir continuellement les doigts; mais cela n'est pas possible.


Fracture du maxillaire inférieur avec déplacement

Quand la fracture est complètement en rave, ce qui arrive rarement, il mut faire la coaptation ainsi qu'il a été dit. La coaptation opérée, on attache les dents ensemble, comme plus haut ; cela contribuera grandement â l'immobilité, surtout si on sait les attacher régulièrement, nouant les bouts des fils comme ils doivent être noués. Mais il n'est facile d'exposer exactement par écrit aucun procédé opératoire, il faut que le lecteur se fasse, avec ce qui est écrit, une idée de la chose. Ensuite, on prend du cuir de Carthage ; si le blessé est en bas âge, on détache la partie externe du cuir, et cela suffit; s'il est plus âgé, on emploie le cuir même, on en coupe une tanière ayant une largeur de trois doigts ou la largeur qui conviendra ; on enduit la mâchoire de gomme, et, avec de la colle, on fixe l'extrémité de la lanière vers l'endroit de la fracture en rave, en laissant entre la lanière et la lésion un intervalle d'un doigt ou un peu plus. Cette lanière passe par dessous la mâchoire ; elle doit avoir une incision dans la direction du menton , afin d'en embrasser la pointe. Une autre lanière semblable ou un peu plus large sera collée vers le haut de la mâchoire, étant, elle aussi, séparée de la lésion par le même intervalle que la première , elle sera fendue aussi afin d'embrasser l'oreille. Les bouts par lesquels on attache l'une à l'autre ces deux lanières seront étroits. En collant, on placera sur la peau la partie molle du cuir, cela tient mieux de cette façon, puis on tendra les lanières, un peu plus celle qui embrasse le menton, afin de prévenir autant que possible le chevauchement des fragments, et on liera les lanières sur le sommet de la tête ; enfin, on roulera une bande autour du front, et on assujettira l'appareil avec un surtout, comme c'est la règle , afin de maintenir le bandage. Le blesse restera couché sur le coté sain de la mâchoire, s'appuyant non sur la mâchoire, mais sur la tête. On le tiendra à la diète pendant dix jours, puis on le restaurera sans lenteur ; car, s'il ne survient pas d'inflammation dans les premiers jours, la mâchoire se consolide en vingt. Le cal y est prompt à se former , comme dans les autres os spongieux, à moins qu'il n'advienne un sphacèle. Mais le sphacèle des os, en général, est une matière dont il reste à parler longuement. Cette extension, opérée à l'aide de pièces collées, est douce, facile à graduer et utile pour beaucoup de réductions et en beaucoup de lieux. Mais parmi les médecins, ceux qui ont de la dextérité sans jugement se décèlent dans les fractures de la mâchoire comme dans d'autres lésions : ils appliquent sur la mâchoire fracturée des bandages divers, tantôt bien, tantôt mal ; or, tout bandage roulé, dans la fracture de la mâchoire dont il s'agit, incline plutôt les fragmente vers le lieu fracturé qu'il ne les ramène à la position naturelle.


Fracture du maxillaire inférieur dans la symphyse

Dans le cas où la mâchoire inférieure se disjoint dans la symphyse du menton ; en ce cas, dis-je, le premier venu peut opérer la réduction : la partie qui fait saillie en dehors , on la repoussera vers le dedans en y appliquant les doigts ; la partie qui est inclinée en dedans, on la repoussera vers le dehors en y appuyant les doigts. Toutefois, c'est après avoir pratiqué l'extension pour écarter les fragments qu'il faut ainsi opérer; de la sorte, la coaptation sera plus facile que si, rapprochant les fragments l'un de l'autre, on essaie de les réduire de force. Il est bon de savoir que cette remarque s'applique à tous les cas semblables. La réduction effectuée, on attachera ensemble les dents à droite et à gauche, ainsi qu'il a été dit auparavant. On pansera la fracture avec du cérat, quelques compresses et des bandes. Un bandage court, de formes variées, est surtout admissible dans cette région, qui, sans être cylindrique, s'approche cependant quelque peu de la configuration cylindrique. On roulera la bande a droite, si c'est la branche droite de la mâchoire qui fait saillie ; on la roulera en sens inverse, si c'est la branche gauche. La réduction ayant été bien opérée, et le blessé gardant le repos autant qu'il le faut, la guérison est prompte, et les dents n'éprouvent aucun dommage ; si non, la guérison se fait attendre davantage, les dents sont déviées, endommagées, et cessent de servir.


Fracture du nez

Le nez ne se fracture pas suivant un mode unique : aussi bien des fautes sont-elles commises par les médecins qui, sans jugement, aiment les beaux bandages, et les aiment surtout dans les affections du nez. Le bandage de cette partie est de tous le plus varié, ayant les plus nombreuses doloires et formant sur la peau, par la disposition rhomboïdale des tours de bande, les intervalles et les îles les plus diversifiées. Comme il a été dit, ceux qui recherchent une dextérité irréfléchie aspirent à rencontrer une fracture du nez, afin d'y appliquer le bandage. Pendant un jour ou deux le médecin se pavane, et le patient se réjouit ; mais celui-ci ne tarde pas à s'ennuyer de porter le bandage, qui est fatiguant: quant au médecin, il lui suffit d'avoir montré qu'il sait poser sur le nez des bandages variés. Un tel bandage fait tout le contraire de ce qu'il faut : d'une part, ceux que la fracture a rendus camus, évidemment deviendraient plus camus , si une pression était exercée en dessus ; d'autre part, ceux dont le nez a subi une distorsion à droite ou à gauche, soit dans le cartilage, soit plus haut, ceux-là évidemment, loin de tirer aucun avantage d'un bandage appliqué en dessus, en éprouveront du mal ; car un pareil bandage ne permettra pas de bien arranger les compresses sur un des côtés du nez, précaution que, du reste, ne prennent même pas ces médecins.


Contusion du nez

Le cas où ce bandage me semblerait surtout être de quelque utilité est celui dans lequel il y aurait contusion de la peau Contre l'os dans le milieu du nez, à l'endroit saillant, ou dans lequel l'os, exempt d'une grande lésion, en aurait subi une légère : il se forme alors un calus sur le nez, et cette partie devient un peu plus bombée. Toutefois, même dans ces cas, il n'est pas besoin d'un bandage fort ambitieux, si tant est même qu'il faille un bandage : il suffit de mettre sur la contusion une petite compresse enduite de cérat, puis de placer, par dessus, le milieu d'une bande à deux globes, et de faire un seul tour. Quoi qu'il en soit, le meilleur pansement est le suivant : Avec de la farine de blé de deux mois, lavé, on fera une pâte collante, on en prendra un peu, et on l'appliquera en cataplasme sur ces lésions. Si la farine est de bon grain et collante, on en usera dans tous les cas de ce genre ; si elle n'est pas bien collante, on délaiera dans de l'eau un peu de poudre d'encens; autant pulvérisé que possible, et on pétrira la farine avec cette eau, ou bien on mêlera à la farine, de cette manière , une très-petite quantité de gomme.


Fracture du nez et dépression des fragments

Dans le cas où le nez fracturé se déprime et devient camus, on peut, s'il est affaissé en avant dans la partie cartilagineuse, mettre dans les narines quelque chose qui les redresse. Si non, le moyen général de redressement est l'introduction des doigts dans les narines quand l'ouverture en est assez large, ou, dans le cas contraire, l'introduction d'une grosse sonde qu'on dirige, non sur le devant du nez, mais sur le lieu de la lésion ; alors , saisissant en dehors le nez entre les doigts, on exercera sur les fragments une pression en même temps qu'on les élèvera en haut. La réduction opérée, si la fracture est tout-à-fait en avant » on peut mettre à demeure dans les narines quelque tampon, comme il a été dit, soit de la charpie râpée provenant d'une étoffe de lin, soit une substance analogue qu'on roulera dans une bande, ou , ce qui vaut mieux, que l'on coudra dans du cuir de Carthage, et à laquelle on donnera une forme adaptée au lieu, où elle doit être placée. Mais, si la fracture siège plus loin, il n'est pas possible de rien mettre en dedans ; s'il est difficile de supporter quelque chose à rentrée des narines, que sera-ce dans l'intérieur ? Dans ce cas, au moment de la coaptation, il faut, travaillant sans ménagement au redressement dans l'intérieur des narines et en dehors, ramener le nez à sa conformation ancienne et le redresser. Le nez fracture est tout-à-fait susceptible d'être redressé, le jour même surtout, et encore un peu après. Mais les médecins tâtonnent, et au début ils agissent trop mollement; au lieu que, plaçant les doigts sur les deux côtés , on doit exercer par le bas, aussi bas que possible, une pression réglée sur la conformation du nez, et c'est ainsi, conjointement avec la pression exercée à l'intérieur des narines, que le redressement s'effectue le mieux. A partir de là, nul médecin ne vaut les doigts indicateurs du malade lui-même, s'il veut avoir et de l'attention et de la constance : ce sont ces doigts qui s'appliquent au nez le plus naturellement. Il faut donc placer l'un et l'autre indicateurs contre le nez, les appuyer sur toute sa longueur, et demeurer ainsi immobile, jusqu'à la consolidation si cela se pouvait, du moins le plus de temps possible ; le malade lui-même, comme on a dit ; à son défaut, un enfant ou une femme, car il est besoin de mains douces. Tel est le meilleur traitement pour celui dont le nez a éprouvé, non une déviation latérale, mais un écrasement égal des deux côtés. Pour moi, je n'ai jamais vu de fracture semblable qui n'ait pu être réduite, pourvu que, maniée sur le champ avant toute consolidation, elle ait été traitée convenablement. Mais les hommes, tandis qu'ils rachèteraient à haut prix une difformité, ne savent avoir ni soins ni constance, à moins qu'ils ne souffrent ou qu'ils ne redoutent la mort. Et de fait, le cal se forme promptement : en dix jours le nez est consolidé, à moins qu'il ne survienne un sphacèle.


Fracture et déviation latérale du nez

Dans le cas où l'os fracturé est déjeté latéralement, le traitement est le même ; toutefois, il est bien entendu qu'il ne faut pas, pour la réduction, opérer uniformément des deux côtés ; mais, on repoussera à sa place ce qui est déjeté, en pressant par le dehors et en pénétrant dans les narines, et on redressera diligemment les fragments enfoncés, jusqu'à complète réduction; bien persuadé que, si la réduction n'est pas immédiate, nécessairement le nez restera tordu. La réduction étant effectuée, on posera un doigt ou plusieurs sur le lieu où les fragments avaient fait saillie, et on les y maintiendra jusqu'à la consolidation de la fracture ; de plus, il faut introduire de temps en temps le petit doigt dans la narine, et redresser ce qui est incliné. S'il survient de l'inflammation, on emploiera le cataplasme de pâte : ce qui n'empêche pas de mettre en œuvre les doigts, même lorsque la pâte recouvre le nez. Si c'est dans le cartilage que siège la fracture avec déjettement latéral, le bout du nez se trouve nécessairement dévié. En ce cas, il faut mettre à l'entrée de la narine un des tampons déjà décrits, ou quelque chose d'analogue ; on trouvera beaucoup d'objets convenables qui ne répandent aucune odeur et ont de la souplesse ; j'ai mis une fois dans le nez un morceau de poumon de mouton, c'était ce que j'avais sous la main ; quant aux éponges, elles s'imbibent d'humidité. Puis on prend la partie extérieure d'une pièce de cuir de Carthage, on en coupe une lanière large comme le pouce ou comme le cas l'exige, et on la colle en dehors à la narine déjetée ; ensuite, on donne à la lanière le degré de tension qui convient ; or, la tension doit être telle qu'elle porte le nez un peu au-delà de sa position droite et régulière. Enfin, on la conduit au-dessous de l'oreille et autour de la tête ; on peut coller sur le front le bout de la lanière ; on peut encore, la prenant plus longue, tourner une fois de plus autour de la tête et l'attacher. Cette méthode, d'une part maintient régulièrement la réduction, d'autre part est facile à graduer, et elle portera plus ou moins loin, comme on voudra, la traction en sens contraire à l'inclinaison du nez. Dans le cas où ce sont les os du nez qui ont été fracturés et déjetée latéralement, cas que, du reste, on doit traiter comme il a été dit, il est nécessaire aussi le plus sou vent de coller la lanière à l'extrémité du nez, pour exercer une traction en sens inverse de la déviation.


Fracture du nez compliquée

Quand à la fracture se joignent des plaies, il ne faut pas se troubler pour cela. D'une part, on mettra sur les plaies ou du cérat à la poix , ou quelqu'un des médicaments qu'on met sur les plaies récentes, attendu que la plupart des lésions de cette nature, même quand des esquilles doivent se détacher, n'en sont pas moins aisées à guérir. D'autre part, on effectuera diligemment la première coaptation sans y laisser aucun défaut, et ou fera, à l'aide des doigts, les rectifications dans le temps qui suivra, avec plus de ménagement sans doute ; mais on les fera, le nez étant de tontes les parties du corps celle qui se laisse le mieux modeler. Quant au collage des lanières et à la traction en sens inverse, rien absolument n'empêche de s'en servir, ni la présence d'une plaie , ni l'inflammation ; car c'est ce qu'il y a, de plus inoffensif.


Fracture de l'oreille

Dans les fractures de l'oreille, tous les bandages sont nuisibles ; on n'ira pas y mettre un bandage lâchement serré; mais, si l'on comprime, on aggrave le mal, d'autant que l'oreille, même saine, serrée par un bandage, deviendrait douloureuse, pulsative et fébrile. Quant aux cataplasmes, les plus mauvais sont en général les plus lourds ; ajoutez que la plupart ont des qualités nuisibles, suppuratives, et produisent un excès de mucosité, et plus tard des suppurations incommodes. L'oreille fracturée ne réclame rien moins que de pareilles applications ; la plus innocente est, s'il en faut, la pâte collante de farine ; encore ne doit-elle pas être pesante. Il importe de toucher à l'oreille le moins possible : c'est parfois un bon remède que de ne rien mettre, aussi bien dans ce cas que dans beaucoup d'autres. Il faut aussi prendre garde de dormir dessus. On prescrira au malade un régime atténuant, surtout s'il est à craindre que l'oreille ne suppure ; on relâchera le ventre, et, si le malade vomit facilement, on le fera vomir avec le syrmaïsme. Dans les cas qui marchent vers la suppuration, on ne se pressera pas d'ouvrir ; car beaucoup de collections, même celles qui semblaient devoir aboutir, se résorbent parfois sans qu'on ait employé aucun cataplasme. La nécessité d'ouvrir étant arrivée, ce qui procure la guérison la plus prompte, c'est de traverser l'oreille de part en part avec un fer rouge ; toutefois, il faut bien savoir qu'après une cautérisation de ce genre l'oreille restera contractée et plus petite que l'autre. Si Ton ne cautérise pas de part en part, on fera une incision sur le point élevé, et une incision qui ne sera pas très-petite. On arrive au pus à travers une épaisseur plus grande qu'on ne l'aurait cru ; et, pour le dire en général, toutes les autres parties qui sont muqueuses et engendrent une humeur muqueuse, glissant promptement, grâce à leur viscosité, de çà et de là sous le contact des doigts, font croire aux médecins que l'épaisseur à traverser est moindre qu'elle ne l'est réellement ; cette sensation est telle, que certains ganglions, qui sont humides et qui ont une chair muqueuse, sont fréquemment ouverts, parce qu'on pense y trouver une collection formée ; le médecin se trompe dans l'idée qu'il a ; mais le fait même de l'incision ne cause aucun dommage à l'opéré. Quant à savoir quels sont les lieux aqueux ou remplis de mucosités, et dans quels lieux chaque partie, incisée, cause la mort ou des lésions diverses : c'est ce qui sera exposé dans un autre traité. Quand donc on a incisé l'oreille, il faut s'abstenir de tous les cataplasmes et de toutes les tentes; on emploiera ou un des médicaments qu'on met sur les plaies récentes ou quelque autre substance qui ne soit ni une charge ni une cause de douleur; car si le cartilage commence à se dénuder, et qu'il s'y forme des dépôts, cela donne de l'embarras : or, ces accidente sont le résultat de pareils traitements. A tous les accidents qui surviennent le meilleur moyen à opposer est la cautérisation de part en part.
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MessageSujet: Re: Des articulations   Des articulations EmptyMar 22 Jan - 14:11

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Incurvation de l'épine par cause interne

Quand les vertèbres du rachis sont amenées, par des maladies, à faire une saillie en arrière, la guérison est le plus souvent impossible, surtout quand la gibbosité siège au-dessus des attaches du diaphragme. Des gibbosités situées au dessous, quelques-unes se résolvent par des varices formées dans les jambes ; d'autres en plus grand nombre, par des varices formées dans la veine du jarret : chez ceux dont les gibbosités se résolvent, il s'établit aussi des varices dans la veine de l'aine. Il est arrivé encore que cette affection a été dissipée par une dysenterie longtemps prolongée. Quand la gibbosité survient dans l'enfance alors que la croissance du corps n'est pas terminée, dans ce cas, le rachis ne suit pas le progrès de la croissance, mais les bras et les jambes se développent complètement, tout en étant plus maigres ; et si la gibbosité est au-dessus du diaphragme, les côtes se développent non en largeur, mais en avant, la poitrine devient pointue, mais non aplatie , il y a difficulté à respirer et enrouement ; car les cavités qui reçoivent et renvoient le souffle sont moins amples. De plus, ces individus sont forcés de tenir le cou saillant en avant vers la grande vertèbre, afin que leur tête ne soit pas pendante, et cet os contribue à rétrécir beaucoup la gorge par son inclinaison en ce sens ; en effet, même ceux qui sont naturellement droits éprouvent, par le déplacement de cet os en avant, de la dyspnée jusqu'à ce qu'il soit rentré à sa place. Cette disposition des vertèbres cervicales fait que les individus atteints de cette gibbosité ont le col plus saillant que ceux qui se portent bien. Le plus souvent ils ont dans le poumon des tubercules durs et crus ; en effet, la cause de la gibbosité et la distension qui en résulte tiennent, la plupart du temps, à de pareilles agglomérations, avec lesquelles les ligaments voisins se seront trouvés en communication. Quant à ceux qui sont affectés de gibbosité au-dessous du diaphragme, quelques-uns éprouvent des lésions des reins et de la vessie ; de plus, ils sont exposée à des dépôts purulents aux lombes et aux aines, dépôts de longue durée, de difficile guérison, et dont aucun ne résout la gibbosité ; les hanches sont, chez eux, encore plus décharnées que chez ceux dont la gibbosité est en haut ; toutefois, le rachis entier acquiert plus de longueur dans la gibbosité au-dessous du diaphragme que dans la gibbosité au-dessus ; mais le pubis et le menton se garnissent de poil plus tardivement et moins complètement, et il y a moins d'aptitude à la génération que chez ceux dont la gibbosité siège en haut. Quand c'est dans l'âge adulte que le rachis s'incurve , évidemment la maladie alors existante est jugée par la gibbosité; toutefois, dans la suite, elle se décèle plus ou moins chez eut par quelqu'un des accidents qui affectent les sujets plus jeunes; mais il est vrai de dire qu'en général ces accidents sont tous moins fâcheux. Il est arrivé que plusieurs ont porté sans peine et sans maladie leur gibbosité jusqu'à la vieillesse, surtout ceux qui prennent du corps et de l'embonpoint ; cependant , même parmi ceux-là, peu ont dépassé soixante ans, et la plupart n'y vont pas. Dans d'autres cas, le rachis s'incline latéralement, ou à gauche, ou à droite ; toutes ces incurvations, ou la plupart, sont dues à des agglomérations qui se forment en avant du rachis ; chez quelques-uns aussi les attitudes qu'ils gardent habituellement dans le lit y contribuent , conjointement avec la maladie. Mais il en sera parlé à propos des affections chroniques du poumon : c'est là que sont, au sujet des incurvations de l'épine, les pronostics les plus satisfaisants sur ce qui doit arriver.


Examen critique de la succussion

Le rachis peut s'incurver par l'effet d'une chute : rarement on a triomphé de cette lésion et redressé le blessé. Les succussions sur l'échelle n'ont jamais redressé personne, à ma connaissance du moins ; mais les médecins qui s'en servent sont surtout ceux qui veulent faire l'ébahissement de la foule. La foule, en effet, est saisie d'admiration quand elle voit un homme ou suspendu, ou lancé en l'air, ou soumis à quelque épreuve analogue : ce sont de ces choses dont on parle toujours, sans plus s'inquiéter quel a été le résultat, bon ou mauvais, de ta manœuvre. Dans tous les cas, les médecins qui emploient ce moyen, du moins ceux que j'ai connus, l'emploient mal. L'invention est ancienne , et, pour ma part, je loue beaucoup le premier inventeur et de ce mécanisme et de tous les mécanismes qui agissent selon la disposition naturelle des parties ; en effet, je ne désespérerais nullement, si, avec cet appareil convenablement disposé, on pratiquait convenablement la succussion, de voir le redressement obtenu en quelques cas. Quant à moi, j'ai eu bonté d'employer la succussion dans tous les accidents de ce genre, parce que ce procédé est plutôt le fait de charlatans.


Succussion la tête en bas

Dans les cas où la gibbosité siège près du cou, évidemment les succussions exercées la tête en bas seront moins utiles, vu que la tête et les épaules font, dans la descente, un poids peu considérable; et, évidemment aussi, la succussion exercée les pieds en bas est plus propre à redresser l'incurvation, vu qu'en ce sens l'impulsion descendante est plus forte. Dans les cas où la gibbosité siège plus bas, il vaut mieux pratiquer la succussion la tête en bas. Veut-on employer ce moyen, il convient de disposer ainsi l'appareil. L'échelle sera garnie de coussins de cuir transversaux, ou d'étoffes de laine, le tout bien attaché,

Des articulations Articu11

et dépassant un peu en longueur et en largeur l'espace occupé par le corps du blessé ; le blessé, mis sur le dos, sera étendu sur l'échelle ; les pieds seront, par les malléoles, attachés à l'échelle, non écartée l'un de l'autre, le lien sera solide mais souple ; on passera aussi des liens au-dessous et au-dessus de l'un et l'autre genou ; on en passera encore autour des hanches : quant aux flancs et à la poitrine , on les entourera de ceintures mises assez lâchement pour ne pas empêcher la succussion ; les bras, étendus le long des côtes, seront attachés au corps même et non à l'échelle. Les choses étant ainsi préparées, on hissera l'échelle ou au haut d'une tour élevée ou au faîte d'une maison ; le sol sur lequel se fait la succussion doit être résistant : il faut que les hommes qui font la manœuvre soient bien exercés, afin que, laissant tomber l'échelle régulièrement, perpendiculairement, subitement, l'échelle n'arrive pas à terre dans une position inclinée, et afin qu'eux-mêmes ne se précipitent pas. Mais, soit qu'on lâche l'échelle du haut d'une tour, soit qu'on la lâche du haut d'un mât fixé en terre et garni de sa hune, la disposition sera encore meilleure si l'on fait filer les cordages sur une poulie ou sur un treuil. Il est désagréable de s'appesantir sur ces détails ; cependant, je dois le dire, c'est à l'aide de ces dispositions qu'on pratiquera le mieux la succussion.


Succussion les pieds en bas

Si la gibbosité siège très-haut , et qu'il faille absolument user de la succussion, c'est la succussion les pieds en bas qui est utile, comme il a déjà été dit ; car de cette façon l'impulsion descendante a plus de force. On fixera le corps du blessé en attachant solidement la poitrine à l'échelle ; on assujettira le cou avec une pièce large, qu'on ne serrera que juste autant qu'il faut pour ,le maintenir droit ; la tête même sera attachée à l'échelle par un lien passe autour du front ; les bras, étendus, seront attachés au corps et non à l'échelle ; mais le reste du corps sera sans liens, si ce n'est qu'on le ceindra de plusieurs pièces larges qui ne seront serrées qu'autant qu'il faudra pour le maintenir droit; on prendra garde que ces liens n'empêchent la succussion ; les jambes seront attachées non à l'échelle, mais l'une avec l'antre, de manière qu'elles soient en ligne droite avec le rachis. C'est ainsi qu'on disposera l'appareil, s'il faut absolument pratiquer la succussion sur l'échelle ; mais, dans la médecine non moins que dans tous les arts, il est honteux , après beaucoup d'embarras, beaucoup d'étalage et beaucoup de paroles, de ne rien faire d'utile.
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MessageSujet: Re: Des articulations   Des articulations EmptyMar 22 Jan - 14:11

Citation :

Description du rachis

Il faut d'abord savoir quelle est la disposition naturelle du rachis : cette connaissance est indispensable dans beaucoup de maladies. Du côté qui regarde le ventre, en avant, les vertèbres offrent un assemblage régulier ; elles sont unies l'une à l'autre par un ligament muqueux et nerveux, naissant de la couche cartilagineuse qui les revêt, et s'étendant jusqu'à la moelle épinière. D'autres cordons nerveux, continue de haut en bas, adhérents, sont étendus de l'un et de l'autre côté le long des vertèbres. Quant aux communications des veines et des artères, je les exposerai dans un autre traité, combien il y en a, quelles elles sont, d'où elles partent, où et comment elles servent ; j'expliquerai, pour la moelle épinière elle-même, quelles en sont les enveloppes, d'où elles partent, où elles finissent, avec quoi elles communiquent, et quels en sont les usages. Au-delà, les vertèbres sont articulées, les unes avec les autres, en ginglyme. Des cordons communs à toutes sont étendus et en avant et en arrière. Une apophyse osseuse naît de toutes les vertèbres en arrière, une pour chaque vertèbre, grande ou petite; ces apophyses sont surmontées d'épiphyses cartilagineuses, où sont implantés des ligaments (ligaments surépineux) ayant rapport avec les cordons placés le plus en arrière. Les côtes sont adhérentes, ayant la tête dirigée plus en avant qu'en arrière; elles sont articulées avec chacune des vertèbres : les côtes de l'homme sont les plus courbes, étant comme arquées. L'intervalle entre les côtes et les os nés des vertèbres est rempli de chaque côté par les muscles qui, depuis la région cervicale, s'étendent jusqu'aux lombes. Quant au rachis lui-même, il est infléchi dans sa longueur : de l'extrémité du sacrum à la grande vertèbre, avec laquelle les membres inférieurs sont en connexion, le rachis est convexe en arrière; là sont la vessie, les parties qui servent à la génération, et la portion non fixée du rectum. De là jusqu'aux attaches du diaphragme, il est, dans toute sa longueur, convexe en avant ; cette région est la seule qui, à la partie antérieure, soit recouverte par des muscles : on les appelle psoas. De là jusqu'à la grande vertèbre qui est au-dessus des épaules, il est, dans toute sa longueur, convexe en arrière ; mais il l'est plus en apparence qu'en réalité, attendu que c'est dans le milieu du rachis que les apophyses épineuses sont le plus hautes; elles sont moindres au-dessus et au-dessous : quant à la région cervicale elle-même, elle est convexe en avant.


Conséquences tirées de la description du rachis

Dans les-cas où le rachis subit une incurvation quelconque, il n'est pas commun , il est même rare qu'une ou plusieurs vertèbres, arrachées de leurs articulations, éprouvent un déplacement considérable. De pareilles lésions ne se produisent pas facilement; en effet, d'une part, là vertèbre ne sera guère chassée en arrière, à moins que le blessé n'ait reçu un coup violent à travers le ventre (et alors il mourra), ou à moins que, dans une chute d'un lieu élevé, le choc n'ait porté sur les ischions ou sur les épaules (et alors il mourra encore, mais il ne mourra pas aussi promptement) ; d'autre part, la vertèbre ne sera guère chassée en avant, à moins dé la chute d'un corps très-pesant, car chacun des os proéminents en arrière est tel qu'il se fracturera, plutôt que de se déplacer beaucoup vers la partie antérieure, en surmontant là résistance des ligaments et des articulations engrenées. De plus, la moelle épinière souffrirait, ayant subi une inflexion à brusque courbure, par l'effet d'un tel déplacement de la vertèbre; la vertèbre sortie comprimerait la moelle, si même elle ne la rompait ; la moelle, comprimée et étranglée, produirait la stupeur de beaucoup de parties grandes et importantes, de sorte que le médecin n'aurait pas à s'occuper de réduire la vertèbre, en présence de tant d'autres lésions considérables. Evidemment, dans ce cas, la réduction n'est possible ni par la succussion, ni par tout autre moyen ; il ne resterait qu'à ouvrir le corps du blessé, enfoncer la main dans le ventre et repousser la vertèbre d'avant en arrière : mais cela se peut sur un mort, et ne se peut pas sur un vivant. -Quelle est donc la raison qui me fait écrire ceci ? C'est que quelques-uns croient avoir eu à faire à des blessés chez qui des vertèbres, sortant complètement hors de leurs articulations, s'étaient luxées en avant ; et même, certains s'imaginent que, de toutes les distorsions du rachis, c'est celle dont on réchappe le plus facilement, qu'il n'est aucunement besoin de réduction , et que cet accident se guérit de lui-même. Beaucoup sont ignorants, et leur ignorance leur profite, car ils en font accroire aux autres : ce qui les trompe, c'est qu'ils prennent les apophyses épineuses pour les vertèbres même» parce que chacune de ces apophyses au toucher, parait arrondie. Ils ignorent que les os qu'ils touchent sont ces apophyses des vertèbres dont il a été parlé un peu auparavant ; les vertèbres elles-mêmes sont situées beaucoup plus en avant, car, de tous.les animaux, l'homme est celui qui, pour sa taille, a le ventre le plus aplati d'avant eh arrière, et surtout la poitrine. Quand donc quelqu'une de ces apophyses épineuses, soit une, soit plusieurs, éprouve une fracture considérable, l'endroit lésé se déprime au-dessous du niveau du reste ; c'est ce qui les trompe et leur persuade que les vertèbres se sont enfoncées en avant. Les attitudes du blessé contribuent encore à leur faire illusion ; s'il cherche à se courber en avant, il éprouve de la douleur, parce que la peau se tend là où est la lésion , et que, dans cette position, les fragments de l'os blessent davantage les chairs ; au contraire, s'il se tient dans une attitude cambrée, il est plus à l'aise, parce que la peau devient plus lâche à l'endroit de la lésion, et parce que les fragments osseux lui font moins de mal ; de plus, si on y porte la main, il cède et se cambre, et l'endroit lésé semble, au toucher, vide et mou. Toutes ces circonstances contribuent à induire les médecins en erreur : quant aux blessés, ils guérissent d'eux-mêmes promptement et sans accident; car le cal se forme rapidement dans tous les os qui sont spongieux.


Incurvations du rachis par cause externe, et méthode pur les traiter

Le rachis s'incurve, même chez les gens bien portante, de beaucoup de façons; ainsi le comportent la conformation et les usages du rachis ; il est encore susceptible de s'incurver par la vieillesse et par des douleurs. Les gibbosités, par suite déchûtes, se produisent généralement quand le choc a porté sur les ischions ou sur les épaules. Nécessairement, dans la gibbosité, une des vertèbres paraîtra plus élevée, tandis que les vertèbres au-dessus et au-dessous le paraîtront moins ; ce n'est pas qu'une vertèbre se soit beaucoup déplacée, mais c'est que, chacune ayant cédé un peu, la somme du déplacement est considérable. Pour cette raison encore, la moelle épinière supporte sans peine ces sortes de distorsions, dans lesquelles les vertèbres ont subi un déplacement réparti sur la courbure, mais non angulaire. Il faut disposer ainsi l'appareil de réduction, on peut enfoncer en

Des articulations Articu12

A Madrier sur lequel se pratiquent l'extension et la contre-extension.
B Bois en forme de pilon avec lesquels on pratique l'extension et la contre-extension.
C Liens passés autour de la poitrine et sous les aisselles, et attachés au pilon.
D Liens passés au-dessus des genoux et des talons, et attachés au pilon.
Ε Liens passés autour des lombes et attachés au pilon.
F Entaille pratiquée dan» la muraille, un peu au-dessous du niveau de l'échiné ; un des bouts de la planche y est engagé.
G Planche avec laquelle on exerce la compression sur le lieu de la luxation.

terre une pièce de bois forte, large, et ayant une entaille transversale ; on peut encore, au lieu de se servir de la pièce de bois , faire dans la. muraille une entaille transversale, à une coudée du sol ou à la hauteur qui conviendra; puis une espèce de madrier de chêne, quadrangulaire, sera posé le long de la muraille, à une distance qui permette, au besoin, de passer entre deux ; le madrier sera recouvert de tuniques ou de tout autre objet qui, tout en étant souple, ne s'affaissera pas beaucoup. On fera prendre au blessé un bain d'étuve, si cela est possible, ou on le lavera avec beaucoup d'eau chaude, puis ou le couchera sur le ventre tout de son long ; les bras, étendus naturellement, seront attachés au corps ; un lien souple, suffisamment large et long, composé de deux longues lanières, sera placé, par sa partie moyenne» sur le milieu de la poitrine, aussi près que possible des aisselles, et on fera deux tours. Chacune des deux lanières du lien sera, à l'aisselle, passée autour de l'épaule ; puis les bouts en seront attachés à un bâton en forme de pilon, la longueur des lanières étaient subordonnée à celle du madrier subjacent, contre lequel le bâton en forme de pilon prendra un point fixe pour l'extension. Un autre lien semblable sera passé au-dessus des genoux et un autre au-dessus des talons, les bouts des liens seront attachés à un autre bâton de même forme. Un autre lien large, souple, fort, en forme de ceinture, ayant une largeur et une longueur suffisantes, sera fortement serré autour des lombes aussi près que possible des hanches ; le surplus de ce lien en forme de ceinture, sera attaché, avec les bouts des deux liens précédents, au bâton qui est placé aux pieds. C'est dans cette attitude que l'on pratiquera l'extension et la contre-extension, qui doivent être à la fois égales et en droite ligne : avec une pareille extension convenablement disposée, on ne causera aucun accident grave, à moins qu'on ne le fasse exprès. Le médecin, ou un aide qui sera vigoureux et non sans instruction, placera sur la gibbosité la paume d'une des mains, et, mettant l'autre par dessus, il exercera une pression qu'il aura soin, suivant la disposition des parties, de diriger soit directement en bas, soit vers la tête, soit vers les hanches. Ce mode de pression est le plus inoffensif; inoffensive encore est la pression qu'on exerce en s'asseyant sur la gibbosité en même temps que le blessé est soumis à l'extension, et en se soulevant pour donner de l'impulsion. Rien, non plus, n'empêche d'appuyer avec le pied sur la gibbosité, et de donner une impulsion modérée : quelqu'un de ceux qui ont l'habitude des palestres est passablement propre à exécuter ces manœuvres. Toutefois, la plus puissante des pressions est la suivante : L'entaille faite à la muraille ou à la pièce de bois fichée en terre sera au-dessous du niveau de l'échiné du blessé, autant que cela sera jugé convenable; une planche, assez épaisse, de tilleul ou d'autre bois, sera engagée dans l'entaille ; on mettra sur la gibbosité une étoffe usée pliée en plusieurs doubles, on un petit coussin de cuir: il convient que le corps interposé soit le moins épais possible, car cette interposition n'a d'autre but que d'empêcher la planche de causer par sa dureté une douleur inopportune ; la gibbosité sera exactement vis-à-vis l'entaille pratiquée dans la muraille, afin que la pression de la planche superpose s'exerce principalement sur le lieu de la saillie des vertèbres. La planche étant en place, un aide, ou deux s'il le faut, ils abaissent l'autre bout, pendant que le blessé est soumis, comme il a été dit, à l'extension et à la contre-extension pratiquées suivant la longueur du corps. Il est encore loisible de faire l'extension avec des treuils, que l'on enfoncera en terre à côté du madrier, ou que l'on disposera dans le madrier même, soit que les jambes de ces treuils, perpendiculaires et élevées de peu, soient placées à chaque bout, soit que les axes en soient fixés à chaque extrémité. Ces forces sont faciles à graduer dans l'augmentation comme dans la diminution, et elles sont tellement puissantes que, si on voulait lés employer méchamment et non médicalement, on ferait beaucoup de mal par ce moyen. Et, à vrai dire, d'une part, cette extension et cette contre-extension longitudinales, pratiquées seules et sans l'addition d'aucune pression, n'en exerceraient pas moins une distension qui suffirait; et d'autre part, même sans extension, la pression pratiquée, comme il a été dit, avec la planche seulement, n'en exercerait pas moins une dépression pareillement suffisante. Ce sont des forces précieuses que celles dont on peut graduer soi-même l'intensité ; ajoutez qu'elles agissent conformément à la disposition des parties : d'un côté, la pression force les os saillants à rentrer à leur place ; d'un autre côté, les extensions étant naturelles, rendent à leur position naturelle, en les écartant, les os qui s'étaient rapprochés. Pour moi, je ne sache pas de forces meilleures et plus régulières : l'extension exercée dans la direction de l'épine n'a aucune prise en bas, à l'os appelé sacré ; elle en a bien en haut, au cou et à la tête, mais, opérée en ce point, outre qu'elle est désagréable à voir, elle causerait des accidents si elle était portée trop loin. Il m'est arrivé, le blessé étant étendu sur le dos, de mettre sous la gibbosité une outre non gonflée, et d'insuffler, à l'aide d'un tuyau de forge, l'air dans cette outre sous-jacente ; mais cet essai ne m'a pas réussi: quand l'extension était vigoureuse, l'outre restait affaissée, et l'air ne pouvait y être introduit ; d'ailleurs, la gibbosité du patient et la rotondité de l'outre, qu'on travaillait à remplir, étant poussées l'une contre l'autre, tendaient à glisser. Si, au contraire, je ne donnais à l'extension que peu de force, l'outre était sans doute gonflée par l'air, mais le rachis du blessé de cambrait en entier, au lieu de se cambrer là où besoin était. J'ai écrit à dessein ce qui précède; car c'est aussi une connaissance précieuse que de savoir quels essais ont échoué, et pourquoi ils ont échoué.


Saillie des vertèbres en avant

Lorsqu'en tombant, ou par l'effet de la chute d'un corps pesant, on éprouve une déviation du rachis en avant, généralement aucune vertèbre ne se déplace beaucoup ; mais, comme il a été dît auparavant dans ce cas aussi le déplacement est réparti sur la courbure, et non angulaire. Chez ces blessés, l'urine et les selles se suppriment plus souvent, les pieds et les membres inférieurs en entier sont plus refroidis, et la mort est plus fréquente que chez ceux qui ont une déviation en arrière ; et, s'ils réchappent, ils sont plus exposés à l'incontinence d'urine, et ont les membres inférieurs plus frappés d'impuissance et de stupeur. Dans le cas où le siège de la déviation en ayant approche davantage des parties supérieures, l'impuissance et la stupeur occupent tout le corps. Pour moi, je ne sache aucune machine qui soit-propre à opérer la réduction de ces incurvations, à moins qu'on ne puisse obtenir certaines réussites soit par une succussion sur l'échelle, soit par quelque autre traitement semblable, soit par une extension telle que l'extension décrite un peu plus haut ; mais je n'ai aucun système de pression et d'extension combinées, tel que celui qu'on fait avec la planche dans la déviation en arrière. Comment, en effet, opérer une pression d'avant en arrière à travers le ventre? cela ne se peut. Ni la toux, ni l'éternuement n'ont aucune action qui vienne en aide à l'extension. Une injection d'air dans les intestins n'en a pas davantage. Quant à appliquer de larges ventouses, pour attirer sans doute les vertèbres déplacées en ayant, c'est se méprendre grandement dans son idée ; ces ventouses repoussent plus qu'elles n'attirent, et ceux qui s'en servent ne s'en doutent même pas ; le fait est que, plus elles sont larges, plus le rachis se cambre, la peau étant attirée dans la ventouse. Je pourrais encore indiquer des modes de succussion autres que les procédés décrits plus haut, et qui paraîtraient peut-être convenir davantage à la lésion ; mais je n'y ai pas grande confiance, c'est pourquoi je n'en parle pas. En résumé, il faut avoir cette idée générale des déviations de l'épine : que les déviations en avant causent ta mort ou laissent des lésions graves, tandis que les déviations en arrière ne causent communément ni la mort, ni la rétention d'urine, ni la stupeur des parties. En effet, la déviation en arrière ne distend pas les canaux qui sont dans l'abdomen, et n'y gêne pas le cours des liquides; mais la déviation en avant, outre qu'elle exerce ces deux actions, donne lieu à beaucoup d'autres lésions. Ajoutons que l'impuissance des jambes et des bras, la stupeur du corps et la suppression de l'urine sont bien plus fréquentes chez ceux qui, sans éprouver une déviation soit en arrière, soit en avant, éprouvent une violente commotion dans la direction du rachis : on est moins exposé à ces accidente quand une déviation se produit.


Fracture des côtes

On pourrait citer en médecine beaucoup d'autres observations ou des lésions considérables sont innocentes, et renferment en soi toute la crise de la maladie, tandis que des lésions moindres sont malfaisantes, créent d'interminables filiations de maladies, et ont des sympathies étendues avec le reste du corps. La fracture des côtes offre quelque chose de semblable : Quand une ou plusieurs côtes se fracturent, comme elles se fracturent ordinairement, sans enfoncement d'esquilles dans l'intérieur et sans dénudation des. os, rarement il survient de la fièvre; le nombre n'est pas grand, non plus, de ceux qui, dans ce cas, ont ou des crachements de sang, ou des empyènes, ou des plaies qui doivent suppurer , ou des sphacèles des os. Aussi un régime peu rigoureux suffit; à moins qu'il ne survienne une fièvre continue, l'abstinence est plus nuisible et expose plus à la douleur, à la fièvre et à la toux que l'alimentation ; en effet, le ventre modérément rempli devient un soutien pour-les côtes, au lieu que la vacuité cause du tiraillement aux côtes, et le tiraillement, de la douleur» Quant au traitement externe, un pansement très-ordinaire surfit, du cérat, des compresses, des bandes médiocrement serrées ; le bandage sera appliqué d'une manière régulière : on peut encore mettre quelque lainage. Les cotes se consolident en vingt jours ; le cal de cette espèce d'os est prompt à se former.


Contusion de la poitrine

Mais dans les cas où il y a eu contusion des chairs contre les côtes soit par un coup, soit dans une chute, soit par une compression, soit de toute autre façon analogue, il arrive souvent que l'on crache beaucoup de sang; en effet, les canaux étendus le long du vide de chaque côte et les cordons prennent origine dans les parties les plus importantes du corps : aussi ces accidents ont-ils plus d'une fois donné lieu à des toux, à des tubercules , à des empyèmes, à des plaies suppurantes et à des sphacèles de la côte. Chez ceux-là même à qui il n'est arrivé rien de pareil à la suite d'une contusion de la poitrine, la douleur est cependant plus lente à se dissiper que chez ceux qui ont eu une fracture de côte, et l'endroit de la lésion est plus sujet à des ressentiments de douleur dans cet accident que dans l'autre. Quelques-uns donnent beaucoup moins d'attention à une contusion de la poitrine qu'ils n'en donneraient à une fracture de côte, et cependant la contusion exige un traitement plus sévère, auquel ils se soumettraient s'ils étaient raisonnables. La nourriture sera réduite; ou gardera autant que possible l'immobilité ; on s'abstiendra de l'acte vénérien , de tous les aliments gras, provoquant une petite toux, et substantiels ; la veine du coude sera ouverte ; le silence sera observé autant que possible; le lieu contus sera pansé avec des compresses, non pliées en plusieurs doubles, mais nombreuses et beaucoup plus larges en tout sens que la contusion, et il sera enduit de cérat; ou emploiera des bandes larges et des pièces de linge larges et souples, on les serrera modérément de manière à faire dire au blessé que, sans être comprimé beaucoup par le bandage, il ne le sent pas lâche. On commencera l'application du bandage par le lieu contus, et c'est là qu'on exercera la plus forte compression ; on le posera comme on pose une bande à deux globes, afin que la peau qui recouvre les cotes ne fasse pas de plis et reste uniformément appliquée : on refera l'appareil tous les jours ou de deux jours l'un. Il convient de relâcher le ventre avec quelque purgatif léger, autant qu'il faut pour évacuer les aliments, d'atténuer le corps pendant dix jours, puis de le nourrir et de lui rendre de l'embonpoint. Tant qu'on atténue le corps, le bandage doit être serré davantage ; mais on le serre moins quand on eu vient à l'alimentation restaurante. Le blessé a-t-il craché du sang dans le début, le traitement et le pansement doivent être continués pendant quarante jours ; dans le cas contraire, un traitement de vingt jours suffît ordinairement ; c'est d'après la gravité de la lésion qu'il faut préjuger les diverses durées. Chez ceux qui négligent de pareilles contusions, la chair du lieu contus, lors même qu'il n'en résulte pas pour eux de plus grand mal, devient plus muqueuse qu'elle n'était auparavant. Un reliquat pareil, que l'on ne dissipe pas par une compression suffisante, est plus fâcheux quand l'altération muqueuse siège contre l'os lui-même; la chair n'adhère plus aussi bien à l'os subjacent, l'os s'affecte à son tour, et cela a été plus d'une fois l'origine de sphacèles invétérés ; d'un autre côté, si c'est non contre l'os, mais dans la chair même, que siège l'altération muqueuse, il en résulte encore que des ressentiments et des douleurs se reproduisent par intervalles, quand il survient quelque souffrance dans le reste du corps. Aussi faut-il employer un bandage appliqué et bien et longtemps, jusqu'à ce que l'épanchement produit dans la contusion ait été desséché et résorbé, que le lieu contus se soit garni d'une chair saine , et que la chair ait adhéré à l'os. Dans les cas où, le mal s'étant invétéré par négligence, l'endroit est devenu douloureux et la chair a contracté quelque altération muqueuse, dans ces cas, dis-je, le feu est le meilleur remède. L'altération muqueuse est-elle dans la chair seule, on cautérisera jusqu'à l'os, mais sans l'échauffer ; si elle est entre les côtes, la cautérisation ne sera pas superficielle même dans ce cas ; toutefois, il faut prendre garde de transpercer la paroi de la poitrine. La contusion parait-elle avoir pénétré jusqu'à l'os, si elle est récente et si l'os n'est pas encore sphacélé, il faut, dans le cas où la lésion a très-peu d'étendue, cautériser comme il a été dit ; toutefois, si la tumeur formée sur l'os est allongée, il faut placer plusieurs eschares. Au reste, il sera question du sphacèle des côtes en même temps que du traitement des plaies qui suppurent.



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Selon Littré.
Oeuvre numérisée par Marc Szwajcer, sur le site remacle.org
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