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 Girolamo Fracastoro

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Meleagre
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Masculin Messages : 871
Date d'inscription : 15/01/2013
Duché/Comté : Normandie

MessageSujet: Girolamo Fracastoro   Ven 31 Mai - 12:59

Citation :




    Né à Vérone en 1478 ou 1483, dans une illustre famille médicale, praticien charitable et populaire, dès sa naissance il était déjà entouré de légendes : il serait né avec la bouche close qu'il aurait fallu inciser, et serait sorti miraculeusement vivant des bras de sa mère tuée par la foudre.

    Non seulement il eut les joies des créateurs et de l'honnête homme puisque médecin, botaniste, il était aussi poète de talent, musicien raffiné, astronome, mathématicien, géographe, ami de Copernic, il eut la satisfaction de voir sa valeur reconnue de son vivant.

    Citoyen adulé de Vérone, sa réputation fut européenne. Vers 1509 il devient le médecin personnel (archiatre) du pape Farnèse, Paul III ; Charles Quint se déplaça pour l'honorer en 1535 ; et Fernel le consulta à propos de la stérilité de Catherine de Médicis.

    Formé à l'école de Padoue, il s'engage tout d'abord vers la philosophie et les belles-lettres qu'il enseigne à l'âge de 19 ans. Son talent lui permet d'écrire son oeuvre scientifique en latin.


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    C'est ainsi qu'en 1530 il publie son célèbre poème "Syphilis Sive Morbus Gallicus" dédié au cardinal Bembo. Son succès fut énorme. Il s'agit d'une trame mythologique composé en vers latin à la manière d'Ovide. Fracastor y décrit un tableau théorique, clinique et thérapeutique assez complet d'une nouvelle peste.

    En 1545 Fracastor assiste comme médecin au Concile de Trente qu'il fait déplacer à Bologne à cause de l'épidémie de peste.

    En 1546 il publie à Venise un autre ouvrage "De Contagione et Contagiosis Morbis" rédigé en prose cette fois, dans lequel Fracastor par raisonnement et par intuition formule une théorie de la contagion qui ne pourra être démontrée que plusieurs siècles après lui et qu'avait entrevu deux siècles avant lui Ibn-al-Khatib.

    Créateur d'une nouvelle discipline, l'épidémiologie, il fait preuve à cette occasion d'une intuition géniale. Il indique alors que la contagion est une infection passant d'un individu à un autre par le biais de "particules si petites qu'elles ne tombent pas sous les sens" ; celles-ci sont des microbes, les "seminaria contigionis" latents, persistants, capables de se reproduire, transportés à distance, qui engendrent une sorte de putréfaction et donnent leur caractère original aux maladies.

    Fracastor distingue trois modes de transmission des maladies : d'abord la contagion interhumaine directe entre individus (gale, phtisie, lèpre) ensuite la contagion indirecte par l'intermédiaire d'agents vecteurs des "seminaria contigionis" transportés par l'air et les objets usuels, les vêtements, les animaux; enfin la contagion à distance (peste, ophtalmie purulente égyptienne, variole), dans ce cas les germes seraient comme attirés par les sujets dont les humeurs leur sont le plus propices. Cependant à l'époque la preuve expérimentale ne peut pas être faite, pas davantage qu'on ne peut en déduire les conclusions prophylactiques ou thérapeutiques précises, en dehors de quelques applications pratiques d'hygiène publique et de prophylaxie vénérienne.

    Dans chaque maladie infectieuse il est essentiel de viser avant tout le germe de la contagion. Si les tentatives de prophylaxie ont été vaines, il faut détruire les "seminaria contigionium", les éliminer ou les réduire à l'impuissance: "Sachez que durant tout le cours morbide, ce sujet de l'existence des germes ne doit jamais être négligé."

    Dans le livre II, les descriptions cliniques sont étonnantes d'observation et de précision il décrit avec rigueur de la "grande vérole" et des autres maladies infectieuses: peste, variole, fièvres éruptives, typhus exanthématique, lèpre, syphilis et phtisie (tuberculose).

    Précurseur de génie, "contagionniste" convaincu, on a pu l'appeler "le Père de l'épidémiologie moderne".
    Souvenons-nous en effet qu'avant lui les notions les plus fantaisistes avaient cours quant à la transmission des maladies, et que seuls le Fracastor fut donc un savant éminent à plusieurs égards. On ne peut s'empêcher de rêver à ce qu'eut été son destin quatre cent cinquante ans plus tard avec les moyens dont disposèrent Pasteur ou Koch...

    La mort le surprit à sa table de travail en 1553 à Caffi près de Vérone, à la suite d'un ictus accompagné d'aphasie, sans qu'il ait pu faire comprendre à son entourage (dit-on) le désir qu'on lui posât des sangsues, remède dont il avait observé l'efficacité.

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