Faculté de l'Hostel-Dieu de Paris
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 Abu Al-Qasim

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Meleagre
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Date d'inscription : 15/01/2013
Duché/Comté : Normandie

MessageSujet: Abu Al-Qasim   Mar 28 Mai - 17:13

Citation :




    C'est vers 936, que Khalaf ibn Abbas Al-Zahrawi connu chez les Occidentaux du nom d'Abulcasis ou Albucasis ou Alsaharavius, est né et fut élevé à Zahra, ville située à la périphérie de Cordoue, comme l'indique la fin de son nom, ("La Fleur", en arabe, nom donné à cette ville, par le khalife Abdel-Rahman III (912-961, en l'honneur de son épouse qui s'appelait ainsi). C'est alors la banlieue royale de Cordoue, capitale de l'Espagne musulmane qui égalait sans doute les villes de Bagdad et de Constantinople. Cette ville comptait près d'un million d'habitants, 80 écoles et 50 hospices. Sa bibliothèque contenait plus de 600 000 ouvrages, répertoriés dans un catalogue de 44 tomes.

    Abulcasis y étudia la médecine ainsi que de nombreuses autres sciences.
    Il se distingua rapidement dans le domaine de la chirurgie, de la traumatologie, de l'urgence, de l'orthopédie, de l'ophtalmologie. Son talent fut remarqué par le calife Al-Hakam II, qui le nomma comme médecin de la Cour.

    La date de sa mort serait aux environs de 1013.


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    Dans le domaine de la chirurgie, l'apport scientifique d'Al-Zahrawi se signale par ses diverses réalisations et innovations.
    Pour Abulcasis les interventions doivent être réalisées selon un plan préétabli. Il est, en fait, le premier à séparer la chirurgie des autres matières médicales pour en faire une science distincte, fondée sur l'étude et la dissection des corps vivants et des cadavres.

    Il est aussi le premier à extraire, par voie vaginale, les calculs urinaires.
    Il est de même le premier à inciser la trachée, opération qu'il pratiqua sur son serviteur.
    De même qu'il a réussi à arrêter une hémorragie en ligaturant les grandes artères, et enseigné aux étudiants la suture des plaies faite de l'intérieur de sorte qu'elles ne laissent pas de traces visibles, et la manière de suturer au moyen de deux aiguilles et un seul fil fixé entre elles.
    Il pratiquait brillamment le traitement des fistules, les cures herniaires, les amputations, voir les trépanations, il connaissait l'opération du goitre et la résection des anévrismes des membres.
    Il assure l'hémostase par compression digitale et cautérisation au fer chaud.
    Il connaissait aussi la méthode de réduction des luxations de l'épaule qu'on appelle aujourd'hui la manœuvre de Kocher. Sur la rotule il réalisa les patellectomies, presque mille ans avant la découverte de Ralph Brooke.
    Il fut le premier à utiliser, notamment dans les opérations du petit bassin, la classique position Trendelenbourg, attribuée plus tard au chirurgien allemand.
    Il préconise d'utiliser l'action mécanique et antiseptique des morsures de fourmis pour assurer la suture des plaies intestinales.
    Il a dressé le bilan complet de la neurochirurgie à son époque en la confrontant avec sa propre expérience, avec les instruments et les techniques neurochirurgicales des traumatismes crâniens, des traumatismes vertébro-médullaires, de l'hydrocéphalie.
    Il décrit sa technique originale d'excision des varices, appliquée aujourd'hui avec quelques modifications
    Il pratiquait le morcellement des amygdales.


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    En médecine et en obstétrique, il est le premier à parler de la prédisposition de certains corps à l'hémorragie, ou hémophilie, de même qu'il s'est intéressé aux ostéo-arthrites tuberculeuses notamment vertébrales.
    Il a introduit, d'autre part, des méthodes et instruments nouveaux en matière de gynécologie.

    En obstétrique, il conseillait plusieurs manœuvres d'accouchement dans les différentes présentations dystociques : épaule, face. Il parle de la position actuellement connue sous le nom de position de Walcher et d'instruments nécessaires pour extirper les fœtus macérés in utero.
    Les chirurgiens et dentistes occidentaux ont tiré grand avantage des dessins et schémas que al-Zahrawi a mis au point pour la fabrication des instruments nécessaires à la chirurgie. En stomatologie il fabriqua des instruments sophistiqués pour nettoyer les dents et pour arracher celles qui étaient atteintes de carie. Il savait confectionner des prothèses dentaires avec des os de bœuf.
    Dans sa description de la rage il dit que celle-ci se manifeste en hiver plus qu'en été; il constate aussi que le chien enragé a peur de sa propre ombre. En ce qui concerne la rage chez l'homme, il explique que l'hydrophobie provient "d'une extrême déshydratation du cerveau et de l'invasion du corps par la bile".


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    L'œuvre principale, médicale et chirurgicale, de Al-Zahrawi, et la plus célèbre qui lui valut l'essentielle de sa notoriété, est intitulé "Al-Tasrif liman Aegiza an al-Ta'lif" - La Pratique -, une encyclopédie de 1500 pages divisée en 30 livres, dont le dernier consacré entièrement à la chirurgie est le plus fameux, et celui qui eut le plus d'influence sur tout le Moyen Âge.
    Cent cinquante ans plus tard il sera traduit en latin par Gérard de Crémone (1114-1187), il n'y eut pas moins de 10 éditions dans cette langue entre 1497 et 1544, avant d'être traduit en français, en hébreu, en anglais et en provençal.
    Tous les chirurgiens médiévaux, postérieurs à Abulcasis, tels Roger de Parme, Guillaume de Salicet, Henri de Mondeville, Guy de Chauliac ont utilisé son œuvre (Guy de Chauliac, par exemple, le cite 175 fois...).

    Guy de Chauliac (1298-1368) annexa la version latine à son ouvrage de chirurgie "La Grande Chirurgie" afin que les étudiants puisse bénéficier de ces connaissances.
    Cet ouvrage est si important que, pendant cinq siècles il resta inscrit aux programmes de chirurgie des Universités de Salerne et de Montpellier.

    Le traité médical d'Abulcasis contient également quelques articles dans lesquels il explique la préparation de certains médicaments par sublimation et distillation. Il avait aussi prescrit l'utilisation de diurétique, de sudorifique, de purgatifs, l'absorption de vin pur ainsi que des bains chauds.

    Abulcasis a rendu de nombreux services à l'humanité en sa qualité de chirurgien, grâce à ses recherches et ses inventions. Il innove dans les domaines de la cautérisation des plaies, la dissolution des lithiases, de l'utilisation de la dissection et de la vivisection.
    Il attribue la pauvreté des progrès accomplis par ses compatriotes au manque de connaissance en anatomie.
    Abulcasis stigmatisait les ignorants et les charlatans qui altéreront toujours l'art de guérir. Selon lui on ne connaissait jamais assez l'anatomie, mais comment ses contemporains l'auraient-ils apprise ? Sur les deux rives de la Méditerranée régnait la même répulsion à l'égard de la dissection du corps humain, sans qu'aucune interdiction formelle n'ait été édictée dans les trois religions abrahamiques.

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