Faculté de l'Hostel-Dieu de Paris
- Royaumes Renaissants -

 
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 [HRP] Un peu d'histoire...

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Meleagre
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Duché/Comté : Normandie

MessageSujet: [HRP] Un peu d'histoire...   Mar 14 Mai - 8:13

Citation :

Histoire de l'Hôtel-Dieu de Paris
de sa création à nos jours

  • Préambule

    Fondé en 651 par Saint Landry alors vingt-huitième évêque de Paris (Medicus & hospes, hôte et médecin, telle était la devise du saint évêque), l’Hôtel-Dieu est le plus ancien hôpital de la capitale.
    Symbole de la charité et de l’hospitalité de l’Eglise, il fut le seul hôpital de Paris jusqu’à la Renaissance. Implanté sur le côté droit du Parvis, le long de la Seine, il fut reconstruit en 1165 sous l’impulsion de Maurice de Sully, évêque de Paris, en même temps que l’élévation de la nouvelle cathédrale Notre-Dame. Agrandi au cours des siècles, il fut transféré de l’autre côté du Parvis en 1877 dans les bâtiments tels qu’ils existent aujourd'hui.


  • De la fondation au grand incendie

    L'emplacement primitif retenu est le long de la rive septentrionale du petit bras de la Seine, entre le terrain réservé pour la cathédrale et le Petit pont prolongé par la rue du Marché-Palu (actuellement rue de la Cité).

    Cette proximité de la rivière était alors fort judicieuse :
    - garantie d'avoir de l'eau abondante et propre ;
    - évacuation des immondices vers l'aval ;
    - courant d'air assainissant l'atmosphère ;
    - éloignement des maisons d'en face assurant un ensoleillement par le sud ;
    - voie d'eau facile pour transport par barques ;
    - pas d'inondations à craindre.

    • Premier plan (1550).


      Plan de 1550, d'après F. Hoffbaner. « Paris à travers les âges. Notre-Dame
      et les environs », pl. VI, Paris. Firmin-Didot et Cie, 1875-1882

      On peut remarquer divers éléments significatifs :
      - sur le parvis, la chapelle d'entrée A (au Seigneur le premier honneur) ;
      - le long de la Seine, 122 m de long de salles : B, Saint-Denis (la plus ancienne, construite par Philippe-Auguste vers 1180) ; C, Saint-Thomas, perpendiculaire à la précédente (Blanche de Castille, 1210). Prolongeant Saint-Denis, le long du fleuve : D, salle de l'infirmerie et salle Jaune (Saint-Louis, 1250).

      A titre d'exemple de style de l'époque voici, sur la rue du Marché-Palu, la façade gothique de la chapelle Sainte-Agnès et la façade renaissance de la salle du Légat.



    • Deuxième plan (Gomboust, 1652).

      C’est un plan cavalier bien plus lisible qui montre une poussée vers l'est.


      Plan de 1652, d'après le plan de Gamboust

      La salle Saint-Denis s'est élargie et allongée, divisée en deux : la salle Saint-Denis proprement dite et la salle des Soldats ou salle Saint-Côme (à la place de la Couche du plan précédent).
      Ne pouvant s'étendre davantage à l'est à cause de l'archevêché, l'Hôtel-Dieu va enjamber la Seine par un pont lui appartenant (Louis XIII) ; passage public à péage au bénéfice de l'hôpital : six deniers pour un cavalier, un double-tournois pour un piéton, d'où le nom de pont-au-Double qu'il porte encore.

      Deux ans plus tard (1634), on édifie sur lui une salle à deux étages, dite du "Rosaire", réservée aux femmes en couches.
      En 1636, ouverture d'un portail monumental sur la rue de la Bucherie, doublant l'entrée sur le parvis.



    • Troisième plan (Buffet, Blondel et Maillot, 1710).


      Plan de 1710 d'après Buffet, Blondel et Maillot

      Puis se construit en deux temps un grand bâtiment longeant de l'est a l'ouest l'autre rive gauche de la Seine ; d'abord la salle Saint-Charles (1651), que l'on relie la même année aux bâtiments anciens de l'autre rive par un deuxième pont en pierre (pont Saint-Charles), recouvert plus tard d'une galerie vitrée (1786).

      A noter au passage deux nouveaux voisinages pour l'Hôtel-Dieu : la Faculté de médecine, alors rue de la Bucherie et rue des Rats, et le prieuré de Saint Julien-le-Pauvre. Il fut annexé à l'Hôtel-Dieu et Mazarin y créa un service de convalescents.


    • Quatrième plan (dit de Turgot, 1739).


      Plan de 1739 d'après Louis Bertez dit "plan de Turgot"

      Puis le bâtiment s'allonge (salle Saint-Jacques, salle Saint-Antoine, 1717) et va buter sur le Petit Châtelet.
      Cette fortification du Moyen Age protégeant le Petit pont, transformée en prison, fut cédée en 1684 à l'hôpital. Démolie en 1782, son emplacement ne fut jamais utilisé pour agrandir l'Hôtel-Dieu.


    • Cinquième plan (1770).

      L'Hôtel-Dieu atteint ici son apogée.


      Plan de 1770 d'après A. Husson dans « Etude sur les hôpitaux considérés
      sous le rapport de leur construction », pl. 1, Paris 1862

      Le bras du sud du fleuve lui est incorporé comme on peut le voir sur cette gravure du temps.


      L'ancien Hôtel-Dieu vers 1830. Au premier plan : pont Saint-Charles,
      au deuxième plan : pont-au-Double surmonté de la salle du Rosaire


    C'est alors que se produit le grand incendie de 1772 qui, par une nuit glaciale, le 30 décembre, détruisit tout le vieil Hôtel-Dieu du Moyen Age dans la Cité. Il y eut de nombreuses victimes, des dégâts matériels considérables, estimés à 600 000 livres, somme considérable pour l'époque.


    Incendie de 1772, extrait de « Paris de siècle en siècle ». Le cœur de Paris.
    Splendeurs et souvenirs, texte, dessins et lithographie par A. Robida. A la librairie illustrée, Paris, 1896, p. 385


  • Après l’incendie...

    Une souscription et une loterie organisées pour reconstruire l'Hôtel-Dieu en d'autres lieux furent couvertes généreusement ; mais par une escroquerie inqualifiable, le ministre des Finances d'alors, Lomenie de Brienne, détourna les fonds recueillis vers d'autres dépenses d'Etat estimées plus urgentes.

    Ces difficultés financières proches de la banqueroute, l'insistance du bureau de l'Hôtel-Dieu, entraînèrent la décision de le maintenir en place : "On améliorera, on perfectionnera, mais on ne détruira pas."
    Louis XVI et son ministre, Necker, firent reconstruire la plus grande partie des salles détruites, mais avec parcimonie et malfaçons. Nous sommes à la veille de la Révolution.

    La partie la plus importante de l'hôpital devient alors celle de la rive gauche. Le bâtiment renferme vingt salles sur les vingt-cinq de l'hôpital.
    Les parties sises dans la Cité sont affectées surtout aux services généraux.
    L'Hôtel-Dieu va alors se rétracter progressivement dans les années suivantes.

    • Sixième plan (Bessat et Thierry, 1808).


      Plan de 1808, d'après « Plans des hôpitaux et hospices civils de la ville
      Paris », pl. II, Paris 1820

      Sous l'Empire, en 1802, Clavereau démolit la chapelle et les maisons adjacentes pour construire son entrée néo-classique, amorcer le dégagement du portail sud de Notre-Dame et l'agrandissement du parvis.
      Sur l'emplacement de la salle du Légat, de l'ancienne rue Notre-Dame et des maisons particulières, on organise un petit jardin, amorce du futur square Charlemagne.

      En 1836, sous Louis-Philippe, on détruisit la salle Saint-Louis, la salle du Rosaire, dégageant le pont-au-Double, le pont Saint-Charles, ainsi que les vestiges des façades moyenâgeuses de l'ancienne rue du Marché-Palu.
      On remanie les bâtiments de la rive gauche, on y installe en 1843 la Maternité. Ces bâtiments, devenus à cinq étages, à allure administrative et de casernes, vont être le véritable Hôtel-Dieu pour les trois-quarts du XIXe siècle.


    • Septième plan (1877).


      Plan de 1877 d'après F. Hoffbaner « Paris à travers les âges. Notre-Dame,
      l'Hôtel-Dieu et les environs », pl. VI Paris. Firmin-Didot et Cie, 1875-188

      Entre temps, Napoléon III choisit parmi de nombreux projets celui de maintenir l'hôpital dans la Cité, mais en construisant un nouvel hôpital sur la rive nord de la Seine.
      Décidées en 1865, les expropriations, démolitions, mises en chantier, constructions, s'étalèrent sur dix ans pendant lesquels la France fut vaincue, Paris assiégé, soumis à l'insurrection sanglante de la Commune en 1871.

      Durant toute cette période, ce fut l'ancien Hôtel-Dieu qui fonctionna, recevant blessés et malades.
      Le nouvel Hôtel-Dieu fut inauguré le 30 juillet 1877 par le maréchal Mac-Mahon sous la IIIe République.
      Le vieil Hôtel-Dieu se mourait ; le pont-au-Double, démoli en 1848, fut reconstruit en 1879 un peu plus en aval dans le prolongement de Notre-Dame.


    La partie la plus ancienne détruite dans la Cité permit la création du square Charlemagne, agrandissant le parvis et dégageant la cathédrale.
    Les bâtiments vétustés de la rive gauche fonctionnèrent comme annexe du nouvel hôpital jusqu'en 1909. A leur tour démolis, ils laissèrent la place au square René Viviani.
    Le vieil Hôtel-Dieu avait disparu mais, sur la rive nord de la Cité, toujours à l'ombre tutélaire de sa grande voisine Notre-Dame, il renaissait dans des bâtiments neufs, salles voûtées à l'ancienne, cour intérieure et galeries du cloître à l'allure florentine.


  • L'Hôtel-Dieu en quelques chiffres

    Les chiffres du nombre de malades présents à l'Hôtel-Dieu au cours des âges est très difficile à obtenir. Beaucoup de ceux que l'on trouve dans
    la littérature sont inexacts, car puisés dans les mémoires ou des libelles dirigés contre cet établissement.
    De plus, il existait une mauvaise habitude à l'Hôtel-Dieu. Elle consistait à indiquer à l'entrée (à côté des troncs placés sous les reliques illuminées) un nombre de malades supérieur à la réalité pour inciter les visiteurs à une
    générosité accrue.

    De 400 à 500 malades au cours du XVe siècle, le chiffre double en 1540 avec l'ouverture d'une nouvelle salle, puis augmente exagérément aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec des pointes de 3 126 (1740), 3 377 (1741), 3 288 (1742), 3 341 (1749), 3 600 (1751), correspondant à des années
    de catastrophes.

    A côté des années ordinaires, arrivent en effet des années marquées par :
    - des épidémies : peste (1418, 1516, 1539, 1554, 1561, 1580, 1596, 1606, 1607,
    1612, 1618, 1634) ; variole (1770) ; plus tard, choléra (1832, 1849, 1860) ;
    - des troubles ; pendant la Fronde (1648-1653), malades et blessés furent si
    nombreux qu'on en mit jusque sur les balbaquins des lits ;
    - des disettes fréquentes (famine, 1525) dues aux intempéries et aux
    ravages des guerres.

    Au temps de saint Louis, l'ancien Hôtel-Dieu recevait 900 malades, 1300 sous Henri IV, 1900 sous Louis XIV ; ces nombres furent souvent dépassés et s'élevèrent, dit-on, jusqu'à 9000 en 1709, alors qu'on installait plusieurs malades dans un même lit, au risque d'affreuses contagions et d'une effroyable mortalité.


  • Quels malades accueille-t-on ?

    A l'origine, au Moyen Age, l'Hôtel-Dieu est le refuge, l'asile, l'hospice de toutes les misères, accueillant :

    - les voyageurs, les pèlerins ;
    - les affamés ;
    - les infirmes, éclopés du travail, mutilés de guerre ;
    - les mendiants, clochards, souvent malandrins et truands ;
    - les femmes enceintes, les enfants abandonnés ; et aussi tous les malades du corps et de l'esprit...

    Puis un tri grossier s'y fait :

    - pèlerins, voyageurs, ont leurs hostelleries et refuges particuliers ;
    - en 1656, Louis XIV ordonne le « renfermement des pauvres » dans les asiles de mendicité dépendant de l'hôpital Général (Bicêtre pour les hommes, la Salpêtrière pour les femmes) ;
    - les enfants trouvés seront, pour la plus grande part, dirigés vers les Enfants-bleus, place de Grève, puis des Enfants-rouges, créé en 1535.
    - les convalescents iront d'abord au Sanitat Saint-Marcel, puis à Sainte-Anne (1608).
    - les aveugles dépendront des Quinze-Vingts, fondé dès 1254 par Louis IX.
    - les incurables seront dirigés sur l'hôpital des Incurables (devenu hôpital Laennec), fondé en 1634.
    - les frénétiques, fanatiques, forcenés, maniaques (nous dirions aliénés) incurables iront selon leur sexe, soit à Bicêtre, soit à la Salpêtrière ; seuls ceux supposés curables seront traités à l'Hôtel-Dieu.

    A l'origine, seuls les lépreux étaient écartés et dirigés vers la maladrerie de Saint-Lazare.
    Le fléau périodique du Moyen Age, la peste, exerçait ses ravages effroyables.

    En 1607, Henri IV décide la construction d'un hôpital réservé aux "empestez" ; il le met sous la protection du roi Saint Louis, mort de la peste
    devant Tunis en 1270. Il fonctionnera épisodiquement lors des grandes épidémies. Plus tard, on y recevra les scorbutiques, le scorbut étant alors considéré comme contagieux.
    La vérole (mal de Naples) fut soignée au début du XVe siècle dans une maison du faubourg Saint-Germain (1509), puis à l'hôpital Saint-Eustache, puis à Lourcine (faubourg Saint-Marceau, 1566), puis à Saint-Louis, Bicêtre, la Salpêtrière.

    Mais ces hôpitaux ne suffisaient pas et il restait toujours trop de contagieux à l'Hôtel-Dieu.
    Malgré ce tri, bien imparfait,il restera bien des contagieux dans les salles de l'Hôtel-Dieu : varioleux, rougeoleux, scarlatineux et, surtout, baptisés pulmoniques ou phtisiques, les tuberculeux, cause de ravages dans leur voisinage immédiat...

    Puis, dernière atteinte à l'idéal primitif, à l'ouverture à toutes les misères, quelles que soient la nation, la province, la religion etc., à partir du XVIIIe siècle l'Hôtel-Dieu n'acceptera plus que les Parisiens malades ou blessés.



Informations tirées, en grande partie, de J. Cheymol et R.-J. César -
"Hôtel-Dieu de Paris : treize siècle d'histoire... Panégyrique ou réquisitoire"
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