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 La Barbe - Hygiène et entretien

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Meleagre
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MessageSujet: La Barbe - Hygiène et entretien   Lun 18 Mar - 9:48

Citation :
La Barbe
Hygiène et entretien



Les us et coutumes

La barbe est l'apanage du sexe fort ; ornement naturel d'un mâle visage, elle devient indispensable à l'expression physionomique. Considérée comme auxiliaire de la beauté virile, la barbe accroît ou diminue les proportions du visage, en élargit ou en rétrécit l'ovale ; elle jette ses teintes sur les joues, sur la lèvre supérieure et le menton ; elle protège la peau de ses ombres soyeuses, en augmente l'éclat et contribue puissamment à la majesté de la face humaine.

Chez tous les peuples de l'antiquité, la barbe fut en honneur. Les grands dieux du paganisme étaient représentés avec une barbe olympienne ; les demi-dieux, ces héros des temps homériques, brillèrent autant par leur forte barbe que par leurs exploits.

Les patriarches et les prophètes s'honoraient d'être barbus ; et Moïse témoigna de son respect pour les barbes, en invoquant un ordre divin qui défendait aux hommes de se raser.

Les rois, philosophes, magistrats, guerriers, et tous les hommes libres de ces lointaines époques portaient la barbe entière ; les esclaves seuls et les hommes déchus étaient impitoyablement rasés.

Les Indiens punissaient les grands criminels en les rasant ; les Crétois coupaient la barbe aux voleurs et aux incendiaires ; les Perses et les Mèdes rasaient leurs prisonniers, en signe d'esclavage. Chez les Spartiates, la perte de la barbe était infligée à ceux de leurs soldats qui avaient fui dans un combat.

Les druides rasaient leurs victimes humaines avant de les immoler dans leurs monstrueux sacrifices. Les sénateurs romains se montraient si fiers de leur barbe, que, lors de la prise de Rome par les Gaulois, le sénateur Papirius préféra mourir que de laisser impunie l'insulte faite à sa barbe.

Enfin, l'histoire ancienne nous montre que, partout, la barbe fut honorée et soigneusement cultivée.
Une histoire complète des vicissitudes que la barbe a éprouvée parmi les nations du globe serait fort curieuse, mais beaucoup trop longue pour un traité comme celui-ci ; nous devons nous borner à en relever les traits les plus saillants.

Les peuples des temps héroïques ou primitifs conservaient toute leur barbe ; les guerriers seuls en retranchaient l'excès, qui aurait pu les gêner dans leurs divers exercices.

A une époque de civilisation plus avancée, les Athéniens, ces grands fabricateurs de modes de l'antiquité, furent les premiers qui la coupèrent, tantôt partiellement, tantôt en entier ; et les peuples voisins suivirent leur exemple, à l'exception de la fière Sparte, qui considéra toujours l'homme barbu comme libre, et l'homme rasé comme esclave.

Depuis Romulus jusqu'à César, les romains portèrent la barbe entière ; ils sacrifiaient la première barbe à Jupiter Capitolin, et ne touchaient plus à la seconde. Les quatorze premiers empereurs romains se firent raser ; mais Hadrien, pour cacher quelques cicatrices difformes, laissa croître sa barbe, et aussitôt. La mode s'en étendit sur tout l'empire.

Constantin parut : la barbe fut proscrite. Sous Héraclius, la barbe fut remise en honneur, et ses successeurs continuèrent de la porter.

Les Tartares se sont montré un des peuples les plus entichés de leur barbe ; ils firent de longues et sanglantes guerres aux Persans et aux Chinois, parce que ces deux peuples, au lieu de porter, comme eux, la moustache retroussée, la laissaient pendre.

Pendant une longue suite de siècles, les Orientaux n'ont pas varié sur la forme et la considération accordée à la barbe. Jurer par la barbe fut toujours pour eux un serment réputé inviolable ; insulter une barbe est encore la plus grave injure qu'on puisse leur faire, et qui exige du sang pour réparation ; donner sa barbe à baiser est, au contraire, le signe d'une grande faveur ou d'une amitié intime.

Les Occidentaux, au contraire, ont toujours montré une grande inconstance au sujet de la barbe, dont les modes et les coupes ont été aussi fréquentes que variées, surtout parmi le peuple français, ces Athéniens de la civilisation moderne.

Si nous remontons au berceau de la monarchie, nous voyons Pharamond et ses Francs porter la barbe entière. Sous Clodion, la barbe du menton subit une diminution au profit de la moustache, qui se porta fort longue. Childéric relégua la barbe dans la classe populaire, et voulut avoir une cour rasée. Clovis restitua à la barbe ses anciennes prérogatives. On rapporte que ce monarque envoya des ambassadeurs au roi Alaric pour le prier de venir lui toucher la barbe, c'est-à-dire d'être son allié. Loin de se rendre à la demande de Clovis, le roi des Visigoths maltraita la barbe des ambassadeurs, ce qui occasionna une déclaration de guerre. Les Français, indignés de cet acte de violence, jurèrent par leur barbe de venger l'affront et de punir l'insolent.

En effet, les Visigoths furent taillés en pièces, et Alaric paya de sa vie l'insulte faite à des barbes respectables.

Au commencement du sixième siècle, la barbe du menton fut taillée en pointe et les favoris continuèrent à encadrer le visage. Pendant tout ce siècle et le suivant, la barbe devint, chez la nation française, l'objet de soins très assidus ; on cultivait, on nourrissait sa barbe, et l'on trouvait cet ornement beau et très respectable. La mode et le luxe essayèrent d'associer des tresses d'or et des perles à la barbe du menton ; mais cela ne dura que peu de temps.

La barbe, à cette époque, était chose si sacrée, qu'il n'était pas permis de la couper à un homme libre sans son consentement. Ce mot, sans son consentement, indiquait une seule exception : c'était lorsqu'un laïque barbu embrassait l'état ecclésiastique, l'évêque non barbu avait le droit de le faire raser.
Cette circonstance nous fournit le sujet d'une digression fort curieuse sur les vicissitudes de la barbe dans le corps ecclésiastique, depuis le commencement de notre ère jusqu'au seizième siècle.

Les premiers successeurs de saint Pierre portèrent la barbe longue, et ils n'en paraissaient que plus vénérables ; cela dura jusqu'au jour où deux pontifes, l'un barbu, l'autre rasé, engagèrent une lutte suite au sujet de la barbe.

Le pontife barbu protégeait les barbes, le pontife rasé voulait les proscrire. Nous ferons observer que ce dernier, atteint d'alopécie, et n'ayant pas un cheveu sur la tête, pas un poil au menton, séchait de jalousie devant une belle barbe.

C'est absolument le cas du renard qui, ayant perdu sa queue, voulait la faire couper aux autres. De violentes contestations eurent lieu entre ces deux chefs ; il s'ensuivit de haineuses disputes; ils s'anathématisèrent réciproquement et devinrent deux ennemis acharnés, tant il est vrai que les passions humaines percent à travers le manteau de la religion.

Le clergé grec tenait beaucoup à sa barbe, le clergé romain voulait la lui faire couper. Dans cette occurrence, le patriarche de Constantinople intima l'ordre à tous ses prêtres de soigner, de laisser croître plus que jamais leur barbe ; le pape de Rome fit barbifier et tonsurer les siens.

Telle fut l'origine de la différence qui existe aujourd'hui dans la physionomie des deux clergés grec et romain. Mais tous les prêtes d'Occident ne voulurent pas se soumettre à cet ordre, et la barbification ne fut que partielle. Plusieurs Pères de l'Eglise défendirent avec chaleur la majesté de la barbe, et le concile de Carthage déclara indignes ceux de ses adhérents qui oseraient se la couper. Saint Clément d'Alexandrie, saint Cyprien, saint Chrysostome, saint Epiphane, Saint Jérôme, saint Ambroise, et le savant Sidonius, évêque de Clermont, parlèrent en faveur de la barbe. Cette vénération pour la barbe dura jusqu'au pontificat de Léon IX, dit Brunon, qui lança plusieurs décrétales contre elle. Vint ensuite le pape Grégoire VII, ce terrible persécuteur des têtes couronnées, qui se déclara l'ennemi le plus acharné des mentons barbus, et leur fil une guerre à outrance. Alors, sur tous les mentons, tombèrent les foudres de l'Eglise ; elles atteignirent aussi les moustaches, et les récalcitrants furent réduits à les porter très minces. Pierre Benoît, évêque de Saint-Malo, eut beaucoup de peine à vaincre l'obstination des ecclésiastiques de son diocèse ; il fut obligé, en 1370, par des statuts synodaux, de proscrire la moustache et la touffe du menton. Insensiblement, le clergé français s'habitua à se raser entièrement le visage, et montra son menton à triple étage.

Plus tard, quelques papes guerriers jugèrent convenable de laisser croître leur barbe ; et l'on cite, entre autres, Jules II, qui se montra fort glorieux de la sienne, et se déclara le protecteur de toutes les belles barbes. L'interdit fut levé ; les gens d'Eglise purent de nouveau se caresser les poils du menton. Les prélats de cour, les abbés coquets, firent parade de leur longue barbe ou de leurs jolies moustaches.

Cependant un nouvel orage se préparait. Les anti-barbistes eurent la malignité d'insinuer qu'une bulle du pontife romain allait fulminer contre les barbes sacerdotales. Ils crièrent à l'impiété, à la profanation ; ils exhumèrent toutes les décrétales, les bulles, les canons, les anathèmes, les fulminations, lancés contre la barbe. On en fit une affaire de religion ; les esprits s'échauffèrent de part et d'autre, et peu s'en fallut que les barbus obstinés ne fussent battus par les rasés furieux. Enfin, traquée jusque dans ses derniers retranchements, la barbe sacerdotale qui avait soutenu un siège de quinze cents ans, succomba, vers la fin du seizième siècle, à cette guerre à outrance. Mais terminons cette digression déjà trop longue ; car il faudrait des volumes pour relater tous les incidents et accidents, toutes les influences et circonstances qui firent du clergé romain, jadis barbu, un corps rasé et tonsuré. Assez donc sur ce sujet, et revenons à l'histoire de la barbe en France.

Sous les rois fainéants, la barbe diminua de volume et de longueur. A l'avènement de Charlemagne, la barbe du menton fut supprimée, en revanche, les moustaches augmentèrent d'épaisseur et de longueur.

Charles le Chauve, en imposant la mode des cheveux courts, voulut, par compensation, donner aux moustaches de ses sujets la longueur qu'il faisait perdre à leurs cheveux. Aussi le règne de ce roi fut-il le règne des longues moustaches, dites à la Chinoise. L’incommodité de ces moustaches ne tarda pas à se faire sentir, et, sous Louis II, on en retrancha la portion tombante, et on leur donna la forme horizontale, relevée sur les coins de la bouche. Cette forme n'eut que peu de durée ; sous le règne de Charles le Simple, la houppette du menton et les moustaches tombèrent sous le rasoir. Elles tentèrent de reparaître sous Louis le Gros, mais Louis VIÏ ordonna leur entière suppression.

Vers le milieu du quatorzième siècle, quelques seigneurs parurent en barbe à la cour de Philippe de Valois ; ce monarque leur ayant fait accueil, la mode des moustaches relevées reprit de nouveau. A la mort du roi, cette mode ayant perdu son protecteur, le rasoir vint encore une fois se promener sur les visages français.

La corporation des barbiers prit une certaine importance ; plusieurs d'entre eux devinrent les favoris des rois, et s'élevèrent même aux premières charges. Les Français portèrent les cheveux courts et la barbe longue et les moustaches prirent des formes gracieuses ; elles furent coquettement relevées cirées et parfumées.

Enfin, les Français, depuis si longtemps et tant de fois chevelus ou tondus, rasés ou barbus, selon le caprice des grands, peuvent aujourd'hui laisser pousser leur barbe et leurs cheveux, ou les faire tailler à leur guise. Telle est l'histoire abrégée des vicissitudes de la barbe.



Les différentes barbes




L’hygiène de la barbe

Selon les tempéraments, la barbe offre des différences dans sa nature et sa couleur : elle est noire, sèche, dure, chez le bilieux ; chez le sanguin, sa teinte varie du noir au châtain ; elle est plus souple, mieux nourrie, plus luisante, et quelquefois tire sur le bleu ; ce sont les plus belles barbes. Les lymphatiques ont une barbe blonde, presque blanche ou rousse. Ces deux dernières n'étant rien moins qu'appréciées, beaucoup d'individus les font teindre.

Les soins hygiéniques à donner à la barbe sont de deux sortes : les uns regardent la peau ; les autres concernent le poil proprement dit.


La coupe de la barbe

La coupe de la barbe ne doit s'opérer que de deux jours en deux jours, pour les barbes fortes : les barbes faibles peuvent sans inconvénient attendre un jour de plus. Se barbifier chaque jour, ainsi que le font de vieux coquets, est nuisible à la peau, et, peut occasionner des rougeurs, des éruptions. La propreté n'exige pas qu'on s'irrite la peau par des barbifications quotidiennes.

La barbe ne se rase qu'après avoir été ramollie par un liquide onctueux, savonneux ou mucilagineux. A l'exception de quelques-uns, presque tous les savons du commerce sont nuisibles à la peau, à cause de l'excès de potasse ou de soude qu'ils contiennent. On doit rejeter comme nuisibles tous les savons de toilette à bon marché ; et l'irritation cutanée que les barbiers ont dénommée le feu du rasoir provient autant d'un mauvais savon que d'un mauvais rasoir. Les meilleurs savons pour la barbe sont ceux qui, préparés avec de bonnes huiles fraîches, ne contiennent d'alcali que juste ce qu'il en faut pour opérer la saponification. Le meilleur savon dont on puisse faire usage pour la barbe et la peau est, sans contredit, le savon dermophile (ami de la peau), dans la composition duquel entrent l'huile de palme, le blanc de baleine, un mucilage, etc.

Ce savon, tout à fait hygiénique et infiniment supérieur aux autres. Les hommes à peau délicate, disposée aux rougeurs, cuissons, et qu'irrite le moindre excitant, devront pratiquer une onction de crème-neige avant de se barbifier : après cinq à dix minutes, la barbe est savonnée au savon dermophile, et puis rasée avec une étonnante facilité. Ces onctions suffisent pour ramollir la barbe, assouplir la peau, et la préserver de toute irritation du rasoir.

On ne doit jamais couper la barbe ni les cheveux pendant les maladies graves ; cette coupe intempestive peut retarder la convalescence et même compromettre les jours du malade. Ceux qui portent depuis longtemps la barbe entière ne doivent pas non plus la couper entièrement le même jour ; la partie habituée à être recouverte de sa toison, s'en trouvant dépouillée tout à coup, peut réagir funestement sur les organes voisins.

Un moine devint sourd pour s'être débarrassé tout à coup de sa longue barbe. A la chute de l'Empire, lorsqu'une ordonnance fit couper les cheveux et les barbes de certains régiments, une multitude de soldats et d'officiers furent subitement atteints d'ophtalmies, de perte de l'odorat, de névralgies dentaires, de céphalalgies, etc.

Ces exemples très nombreux prouvent combien est dangereuse la coupe totale ou intempestive de la barbe et engagent sérieusement à la prudence.

La peau du visage devient quelquefois le siège d'une affection appelée morphée. Elle se présente sous la forme de taches semblables à celles que fait une goutte d'eau sur une feuille de papier. La peau qui recouvre ces taches est tantôt blafarde ou rougeâtre, tantôt brune ou jaunâtre, lisse et dépourvue de poils.

Il n'est pas rare de rencontrer des hommes, jouissant d'une excellente santé, qui offrent une ou plusieurs de ces taches soit au menton ou sur la lèvre supérieure, soit sur la partie du visage où croissent les favoris, et dont la surface entièrement dépilée jure avec les parties barbues qui les entourent. Quoique les médecins se regardent point cette affection comme contagieuse, il est prudent, de ne pas se servir du rasoir de celui qui en est atteint ; car plusieurs individus prétendent, l'avoir gagnée de celle manière. Un moyen très simple pour faire disparaître ces taches est de les laver d'abord avec l'eau contre les éphélides, et les onctionner ensuite avec de la pommade.

Les jours où l'on se fait la barbe, il faut avoir soin de ne pas couper les poils follets qui commencent à croître sur la tache ; on ne doit les raser qu'après deux ou trois barbes, c'est-à-dire lorsqu'ils ont acquis une longueur d'une ligne. On continue les lotions et onctions jusqu'au moment où les poils ont repris leur force et leur couleur naturelles, ce qui arrive ordinairement au bout de vingt-cinq à trente jours.


Le rasage

Des peintures rupestres prouvent que l'homme était rasé donc l'outil existait déjà. Ce rasoir primitif pouvait être un coquillage, des dents de requins, des éclats de silex et autres. La haute antiquité s'est servie de lames de bronze ou d'or semi-circulaires. On a retrouvé des lames dans les tombes pharaoniques du IV millénaire.

Le rasoir aurait été introduit à Rome au VI siècle avant JC par Tarquin , cinquième Roi plus ou moins légendaire de la ville. Scipion l'Africain aurait été le premier romain à se faire raser régulièrement chaque jour. En France, le rasoir est connu des textes du XII siècle.

La fabrication des rasoirs se confond avec celle du couteau. Mais elle nécessite des tours de mains spéciaux. Les ouvriers en rasoirs, les émouleurs et les forgerons surtout sont classés dans un rang élevé de la main-d’œuvre coutelière. L'acier employé vient d'Angleterre.

Une coutume ancienne consistait à utiliser un sabre différent par jour de la semaine, afin de laisser les autres reposer après l'affûtage. Les sept sabres présentés dans un luxueux coffret appelé semainier étaient la version très haut de gamme de l'instrument de rasage. Un autre conditionnement traditionnel est l'étui en cuir, notamment pour le voyage.


Le matériel

Le sabre
Que la lame soit sonnante ou chantante, vous entendrez ce bruit agréable de la lame qui vient couper le poil au ras de la peau. La lame du sabre est le plus souvent en acier non-inoxydable pour des raisons de facilité d'affûtage. La lame même si elle est polie miroir aura tendance à attraper des taches noires (dû à l'oxydation) si elle n'est pas bien essuyée après chaque rasage, le sabre devra être conservé le plus possible à l'abri de l'air dans une boîte ou un étui. Ces taches noires, ne sont en principe pas un handicap majeur, ce n'est pas encore de la rouille. Le manche peut-être en bois et acier, ou en corne, et la lame imposante est souvent décoré. Le sabre est un objet vénérable, presque une œuvre d’art. Un rasoir doit en principe vous accompagner une vie entière, même si en posséder plusieurs est un must.

Le blaireau
Le blaireau est une brosse utilisée pour appliquer du savon à barbe sur un visage avant de le raser. Traditionnellement fabriqué en poils de blaireau, il existe aussi en soies de sanglier, de moindre qualité. L'application du savon à barbe à l'aide d'un blaireau permet un massage de la peau ainsi qu'un assouplissement du poil. Les poils de blaireau ont la capacité de retenir une quantité importante d'eau, ce qui permet, par un mouvement de rotation sur un savon à barbe de créer une mousse épaisse qui protégera la peau et d'assouplir les poils de la barbe au moment du rasage. Il existe plusieurs qualités de blaireau en poils de blaireau selon la provenance du poil de l'animal. Ces différentes qualités de poils sont réparties, par ordre de prix. La capacité de rétention d'eau augmente avec la qualité du blaireau. Un blaireau doit toujours être posé sur un support adapté qui le tient la tête en bas pour ne pas l'abîmer. Pour la même raison, on le nettoie à l'eau sans le tordre.

Le savon
Le savon à barbe qui se présente comme un savon ordinaire doit être tamponné avec le blaireau qui sera imbibé d'eau, ensuite, faites mousser le savon sur le blaireau dans un bol à part en y incorporant quelques gouttes d'eau supplémentaires. L'avantage du savon à barbe est évidemment le massage au blaireau mais aussi la durée de vie du savon, sans oublier l'odeur agréable des différents savons disponibles.

Le cuir
Le cuir qui sert à affûter votre lame fera partie de l'investissement de votre ensemble à raser. Il s'agit pourtant simplement d'un bout de cuir tanné qui sera tendu sur un support ou à attacher au mur et à tendre manuellement.


Comment bien réussir un rasage de barbe ?

L’affûtage
Pour que le sabre coupe, il faut l'affuter avec une lanière de cuir. Il faut un geste technique, précis et répété à chaque rasage. Si cette action n'est pas bien faite, votre rasoir ne rasera pas même si votre coutelier vous l'a aiguisé dans les règles de l'art. Ce geste est obligatoire avant tout utilisation et s'acquiert au fil du temps. Un aiguisage sur la pierre, qui peut être réalisé par un coutelier, devient nécessaire environ une fois par an à une fois tous les deux ans, selon la fréquence de rasage et la dureté du poil de l'utilisateur.

Préparer la peau
Ensuite, il faut d'abord préparer la peau au rasage. Pour cela il est possible de se raser après un bain, ou d'appliquer des serviettes chaudes sur le visage, comme il est de coutume chez les barbiers. Il faut bien laver le visage, le détremper le plus possible pour que le poil soit souple.

Savonner la barbe
Ensuite vient l'application du savon à barbe à l'aide d'un blaireau. Certains barbiers travaillent sans savon, notamment dans les pays arabes.

Tenir le sabre
Usuellement, le rasoir se tient par la soie, le pouce en face de l'index et du majeur, l'annulaire s'appuie sur le crochet, permettant une meilleure prise en main de la lame. La position de la main varie en fonction du passage et des habitudes du barbier.

Raser la barbe
La main libre tend la partie de la peau qui va être rasée. Faites glisser régulièrement la lame dans un mouvement descendant. Le geste est souple et parcourt sans arrêt une mesure comprise entre 2,5 cm et 7 cm (selon les parties du visage à raser). Commencez par le côté droit du visage, puis le côté gauche, le menton et le cou. Répétez la même opération dans un mouvement ascendant.

Le premier passage se fait dans le sens du poil, avec un angle d'environ 30° entre la lame et la peau. Il est possible d'effectuer un deuxième passage en travers du poil et un troisième passage à rebrousse-poil. Le nombre de passages dépend de la dureté du poil et de l'exigence de l'utilisateur.


1er passage2ème passage

Les flèches indiquent le sens du rasage et le nombre approximatif de jets.
Les étapes du rasage sont numérotées.
Les parties blanches indiquent le premier passage du rasoir.
Les parties grisées indiquent le deuxième passage du rasoir.


Après rasage
L'utilisation d'une pierre d'alun ou d'un autre après-rasage est recommandée pour son action apaisante sur le feu du rasoir et coagulante sur les éventuelles coupures.




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